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Critique The Owner

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Après le rape & revenge I’ll Never Die Alone, l’éditeur Oh My Gore ! récidive dans le cinéma de genre argentin avec The Owner (El Propietario dans sa version originale). Tourné en 2008 à l’aide d’un budget microscopique et d’un temps de tournage d’à peine 10 jours, il se fraye enfin un chemin dans nos contrées faisant preuve d’une certaine audace, bien loin des pellicules standardisées du grand écran. Derrière ce projet, on retrouve Javier Diment et Luis Ziembrowski, deux cinéastes argentins avec peu d’expérience au compteur. Malgré les quelques défauts, The Owner pousse le vice parfois assez loin.

 

 

 

Le film raconte l’histoire d’une jeune actrice de série télévisée qui s’installe dans un nouvel appartement, mais ce ne sera pas sans compter sur son propriétaire, dans le genre plutôt pervers. A peine arrivée, elle va vivre un véritable cauchemar malgré elle et sombrer peu à peu dans la folie. A l’origine prévu pour une diffusion à la télévision, The Owner a donc été pensé pour le petit écran. Le sujet et la manière dont il est abordé démontre une certaine volonté de repousser les barrières établies, ce genre de film étant généralement orienté pour le marché DTV – ce qui fût finalement le cas. Bien qu’il ait été distribué en vidéo, l’aspect télévisuel est clairement présent. The Owner joue avec les sentiments du spectateur et le confronte à sa propre perversité, devenant spectateur malgré lui d’atrocités provoquant à la fois le dégoût et la curiosité, le tout teinté d’un érotisme malsain. La pellicule s’adresse à public plutôt restreint faute de quoi le spectateur risque, soit de sombrer dans un ennui total, soit de se retrouver très mal à l’aise. Malgré de bonnes idées et une atmosphère poisseuse, il faut bien avouer que le film souffre régulièrement de son budget et de la maîtrise parfois approximative de ses géniteurs.

 

 

Il faudra attendre plus de la moitié du métrage pour que celui-ci prenne enfin son envol, envol malheureusement partiellement raté faute de temps – et de budget –, décrédibilisant ce qui aurait dû être le plus passionnant. A vouloir accentuer – à juste titre – l’érotisme de la pellicule décuplant ainsi la perversité du spectateur, The Owner ressemble de temps en temps, dans sa première partie, à un téléfilm érotique du dimanche soir, musique sirupeuse et image abondamment lissée en renfort. Ce qui ne sera pas pour déplaire à certains. De prime abord, il est vrai que le métrage ne regorge pas d’inventivité et semble suivre un chemin déjà tout tracé. Cependant, à mesure que la narration suit son cours, viennent s’ajouter différents éléments étoffant ainsi le scénario et rendant les personnages de plus en plus intrigants. Possessivité, amour, fanatisme, religion, jalousie, violence, autant de thèmes et sentiments qui donnent un cocktail plutôt efficace. Malgré cela, les réalisateurs ont dû faire une croix sur bon nombre de scènes en raison d’un timing serré, ce qui débouche inévitablement sur une longue descente aux enfers décousue et peu crédible des personnages. L’évolution psychologique du personnage principal – la locataire – est bien trop brusque et manque clairement de fluidité, ce qui finalement annihile une grosse partie de l’impact souhaité. Certaines scènes se retrouvent ainsi au milieu de nulle part sans raison valable.

 

 

Il est dommage que la relation entre les deux protagonistes n’ait pas été montrée à l’écran, une relation qui prend forme peu à peu, presque fusionnelle, entre son bourreau et sa victime. Le film perd en profondeur et, même qu’il parvient à déranger, ne passionne pas toujours et laisse le spectateur sur le bas côté en fin de parcours. The Owner n’est pas sans rappeler les thèmes et la manière dont ils sont abordés par Roman Polanski dans sa trilogie des appartements maudits où, tout comme l’actrice principale ici, les personnages sombrent peu à peu dans la folie en se persuadant de certaines choses, fuyant ainsi la réalité. Mais n’est pas Polanski qui veut. Le film tire sa force de son casting pour le moins efficace interprétant des esprits tortueux qui auraient gagnés à être totalement exposés. Jimena Anganuzzi, dans le rôle de la locataire, démontre à la fois une capacité à se tourner vers l’exagération – les extraits du feuilleton télé – ou les expressions contenues. A ses côtés, Mario Das Arias est tout simplement parfait dans le rôle de l’ex tortionnaire, sachant faire naître des sentiments au sein d’un homme abominable. Le sentiment est assez mitigé en sortant du visionnement et une version longue serait ici pleinement justifiée, même si la possibilité de mettre un jour  la main dessus est très certainement nulle.

 

 

De nombreux défauts et une réalisation pas toujours réussie, Valentin Javier Diment et Luis Ziembrowski démontrent néanmoins avec The Owner un certain cran. Après une première partie un peu longuette, la seconde ne parvient pas à décoller faute de temps. Pour pondre un 2012 périmé, il y a du monde, mais pour laisser s’exprimer de petits réalisateurs quelques minutes de plus, la file d’attente est beaucoup moins longue. Dommage.

Auteur : TIBO

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