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Critique The Revenge

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Le cinéma est un univers à géométrie variable. Tellement variable qu'en un battement de cil, certaines gloires du grand écran se voient, par les caprices du sort, contraintes de cachetonner dans des produits génériques destinés principalement au marché de la vidéo. On pense évidemment à Nicolas Cage, qui s'est fait le porte étendard de la VOD faisandée, mais d'autres stars ne sont pas en reste : Robert de Niro, Al Pacino ou encore Bruce Willis ont pu payer grâce à ça les traites de leurs maisons à Malibu ou les frais d'entretien de leurs yachts. Le club vient de s'agrandit avec la venue de John Travolta, représenté par ce The Revenge dont l'affiche à elle seule annonce déjà la couleur et les ambitions. Sans surprise, il s'agit d'un produit impersonnel destiné principalement à attirer rapidement du cash et rendre hommage au perruquier de sa star.

 

 

Dans quel monde vivons nous ? De nos jours, on ne peut même plus kidnapper, assassiner, braquer quelqu'un sans que l'un des proches de la victime ne se révèle être un agent secret, ancien marine ou ex-membre des forces spéciales bien badass qui, du coup, nous promet l'apocalypse façon Charles Bronson. C'est toute un corps de métier - la thug - qui s'en trouve fragilisé sans que personne ne bouge le petit doigt. C'est cette même injustice qui est faite dans The Revenge, puisque John Travolta, sous prétexte que sa femme se soit faite assassiner par une bande de braqueurs - elle avait qu'a tendre gentiment son sac à main aussi - décide de se faire justice lui-même, de façon explosive et pas mal chorégraphiée. Pour sa défense, cela a permis aussi à mettre un terme à un complot plus vaste, impliquant des sommités politiques. Bon, on veut bien passer l'éponge pour cette fois. Là où nous sommes bien moins indulgents c'est sur la qualité générale de cette resucée de Taken, condensé de tous les revenge movies vus depuis Un justicier dans la ville.  Car oui, même avec un pitch aussi simpliste et des attentes pas vraiment énormes, The Revenge arrive malgré tout à décevoir.      

 

 

La genèse de The Revenge remonte à 2012. Le projet avait alors autrement plus de gueule puisqu'il devait réunir Nicolas Cage et William Friedkin respectivement en premier rôle et à la réalisation. Les choses partant un peu en couilles de parts et d'autres, le script s'est baladé entre plusieurs mains avant de se concrétiser, avec cette fois-ci Travolta au casting et Chuck Russel à la barre. Moins bandant qu'annoncé au départ, mais pas dégueu pour autant. Il faut se rappeler que Russel a été un solide artisan de séries B : Freddy 3 : Les Griffes du cauchemar, le remake de The Blobl'Effaceur et même le succès planétaire de Jim Carey, The Mask.  Bon, il est aussi coupable du premier Roi Scorpion et de l'Elue, mais on ne vas pas chipoter.  Quoi qu'il en soit, au vu du pitch que l'on nous fait miroiter ici, nous étions en droit de s'attendre au moins à un vrai plaisir coupable, bourrin comme il faut, avec force pétages de bras et fusillades en règle. Rien de bien compliqué, juste reprendre une formule usée jusqu'à la corde avec des variantes ici où là. Et pourtant, on doit déchanter à peine 30 minutes après le début  tellement le je m'en foutisme règne sur le métrage. Chuck Russel a visiblement sa check list à la main, avec des passages obligés qu'il barre au fur et à mesure qu'il enquille ses scènes, sans se soucier vraiment d'une quelconque fluidité ni d'instaurer un semblant de dramaturgie. Ainsi le meurtre traumatisant prétexte à tout ce beau merdier sera expédié en deux minutes  -merci à Rebecca de Mornay d'être passée nous voir -, le dilemme moral du héros de même, et pour la transition de papa sans histoires à ange exterminateur, elle est juste risible : coup d’œil à une bible. Bam. Défonçage d'un mur secret dans un sous-sol. Bam. Chargement de gros flingues, froncement de sourcils et hoodie sur le tête. Bam. On ne s'attendait pas à de la subtilité, c'est clair. Mais là, c'est tellement expéditif que ça en devient vite insultant. 

 

 

Le réalisateur assurant le minimum syndical, tout le poids du film se retrouve sur les épaules de John Travolta. Curieusement, malgré son has beenat indiscutable, l'acteur a choisi de se faire plus discret que d'autres en optant pour de rares apparitions qui, bien que pas vraiment convaincantes, restent bien moins crades que celles d'un Bruce Willis par exemple. L'acteur jouit d'un capital sympathie toujours intact et le plaisir de le revoir sur écran faire son badass est bien là. Le seul souci, c'est qu'il n'a pas l'occasion de faire grand chose : il essaie tant bien que mal d'insuffler un peu de gravité à son personnage mais ses efforts sont sabotés par un scénario rachitique et des répliques d'une débilité abyssale. C'est d'autant plus dommage qu'il suffit pour l'acteur d'un seul plan où il allume une clope pour laisser éclater toute la coolitude qu'on lui connait. Pour ce qui est de la baston, c'est une toute autre histoire puisque dès que les choses se corsent, c'est la doublure de l'acteur qui prend le relais, avec très peu de discrétion. Il aura cependant le bon gout de porter la même perruque que lui, perruque qui soit dit en passant est tellement ringarde qu'on ne voit plus qu'elle pendant tout le métrage. Un hommage à Nick Cage ? Là ou The Revenge se rattrape, c'est grâce à la présence de Christopher Meloni en coéquipier de Travolta. Pas vraiment le comic relief, mais suffisamment marrant pour que le film verse dans le buddy movie sympa, surtout que l'alchimie entre les deux acteurs est palpable.

 

 

Abstraction faite de la perruque en hérisson de Travolta, The Revenge peut s'avérer distrayant grâce à son duo d'acteurs qui se démènent comme ils peuvent pour donner vie à un scénario débilos et quelques scènes d'action pas dégueu. On aurait préféré un peu plus d'implication de la part de Chuck Russel, technicien solide et expérimenté, pour mieux torcher son film, mais en l'état, celui-ci se laisse regarder gentiment à défaut de se démarquer réellement de la production VOD actuelle.    

 

Auteur : ATEF

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