film d'horreur

rechercher un film d'horreur et fantastique

Rechercher par film :

 

Rechercher par acteur :

 

 

 

Critique The Sacrament

Fiche     Critique    Acheter le DVD / BluRay

pub

En l'espace de quelques films, Ti West est devenu un réalisateur incontournable dans le genre de l'horreur « indé ». Ce dernier s’est imposé avec des films comme House of The Devil ou encore récemment The Inkeepers, des œuvres qui démontrent un talent formel aussi bien qu’une certaine volonté de tourner le dos aux productions actuelles formatées et anonymes ainsi que de lorgner plus vers un héritage 80's qu'il assume pleinement. Avec The Sacrament, le réalisateur signe son retour au long métrage après s'être un peu perdu dans des films à sketchs gentils sans plus, et signe une belle claque qui en plus de glacer le sang, donne matière à réfléchir.

 

 

Le film de Ti West commence par une grosse frayeur, celle d'une caméra subjective tremblotante, d'un jeune blanc bec qui nous explique que ce que nous voyons est un reportage vice media et que lui et deux autres collègues s'apprêtent à aller trouver la sœur de l'un d'entre eux, ex-junkie portée disparue, mais qui coule à présent des jours paisibles parmi une mystérieuse communauté. Non ? Aurait-il osé ? Ti West nous pondrait-il un found footage? Et bien oui. Mais commençons déjà par nous enlever une épine du pied : s'il s'agit bien d'un reportage filmé sur le vif, Ti West s'affranchit rapidement de tous les tics vomitifs de cette technique en invoquant un prétexte d'une simplicité crasse. La caméra n'est pas tenue par n'importe quel blaireau atteint de Parkinson, mais par un cameraman professionnel. Exit donc les cadrages approximatifs, les tremblotements insupportables et les flous arty's, l'action est correctement filmée et le cadrage est très soigné même si la caméra portée est de mise. Car si West recourt au procédé tant décrié du found footage, ce n'est surement pas pour des considérations opportunistes mais bien pour l'utiliser comme outil imparable afin d'illustrer le propos de son film et lui donner un impact certain.

 

 

Si The Sacrament surprend, c'est justement pour son sujet - les dérives sectaires - ancré pour une fois dans une réalité pas très lointaine en s’inspirant des sombres événements du Temple Du Peuple. En conteur hors pair, West nous embarque dans un voyage périlleux, au cœur d'un paradis construit de toutes pièces,  havre de paix et ultime refuge des marginaux, des laissés pour comptes et des repentis. Tout y est idyllique, réglé comme du papier à musique et tous les habitants vantent de bon cœur les mérites de cette communauté autarcique. On a beaucoup reproché à West sa manie de prendre trop de temps à mettre en place ses personnages et ses enjeux. Ici par contre, cette manie fonctionne à la perfection puisqu'elle lui permet de jouer à fond la carte de l’ambiguïté. Le spectateur n'est pas né de la dernière pluie, il sait bien que les apparences sont souvent trompeuses et le réalisateur lui laisse tout le temps pour cogiter, attise sa curiosité, joue avec ses certitudes pour mieux les faire vaciller et l'emprisonne dans une paranoïa sans cesse grandissante : « mais putain il se passe quoi au juste ici ? ». Le point culminant est atteint lors de l'interview avec le gourou local, ce mystérieux sauveur que tout le monde appelle « Père ». Le temps d'une scène d'une extrême intensité, West bouscule le rapport de forces et - par la voix de ce gourou, Gene Jones, impeccable - procède à une attaque en règle de tous les travers de la société actuelle, sa perte de valeurs, de repères et sa déliquescence continue. « Père », avec son discours bien rôdé et sa maîtrise sans faille de la langue de bois n'a rien à envier aux politiciens que l'on voit à la télé qui ressassent à peu de choses près la même rengaine.

 

 

Le dernier tiers du film confirme quant à lui toutes les craintes formulées depuis le début de l'aventure et, en jouant encore la carte du « this is real » met en scène l'issue funeste de cet eden artificiel. West à l'intelligence de ne pas faire dans le sensationnel - nous ne sommes pas dans un Red State, à la trame similaire - et filme au plus près le théâtre de cette folie meurtrière. Le spectacle est d'autant plus insoutenable qu'il met en relief l'échec total d'un système social pourri, incapable de protéger les siens et les laisse à la merci des fanatiques et extrémistes de tous bords. On pourra regretter quelques facilités scénaristiques qui parasitent un peu le cachet réaliste de cette entreprise - l'hélico salvateur, quelques deus-ex machina qui arrivent à point... - surtout qu'en cours de route le réal perd de vue la raison principale de la venue des reporters - la sœur de leur pote -, cet arc étant traité par dessus la jambe, passant ainsi à côté d'une belle occasion de « profiler » une lavée du cerveau borderline. Pour autant, le film conserve tout son pouvoir captivant.

 

 

The Sacrament est un bel exercice de style qui marque peut être un tournant dans la carrière de Ti West. Œuvre extrêmement hypnotique et dérangeante, elle glace le sang non seulement par l'horreur qu'elle montre mais aussi par le discours qu'elle véhicule qui en font une réussite sur la forme et sur le fond.

Auteur :

Critique vue 3441 fois

Pseudo
Commentaire

Sécurité

Combien font : 65-30

Votre réponse :

 

15 films au hasard

dernières critiques de films d'horreur et fantastique


Critique John Dies at the End

Critique 31

Critique Urge

Critique Dans le noir

Critique The Darkness

Critique Blood Father

dernières critiques de films d'horreur et fantastique


Critique Penny Dreadful (série)

Critique Superman - Intégrale des cartoons Max Fleisher (série)

Critique Le Top / Flop 2015 de la Rédaction