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Critique The Theatre Bizarre

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A l’occasion de la 13ème édition du festival Extrême Cinéma sur Toulouse, The Theatre Bizarre a été diffusé en avant-première en compagnie d’une partie de l’équipe dont Catriona MacColl (L’Au-Delà, Frayeurs), Richard Stanley (Hardware, Le Souffle du Démon), la scénariste Scarlett Amaris ou encore le fondateur du magazine Mad Movies, Jean-pierre Putters. Projet attendu de pied ferme par les spectateurs, The Theatre Bizarre est une anthologie horrifique americo-franco-canadienne comme on en voit peu sur nos écrans. Avec pour thème principal l’art du Grand Guignol, le projet réuni 7 réalisateurs en marge du système jouissant d’une liberté totale d’expression. Une liberté qui semble jouer des tours à l’œuvre qui n’a pas su éviter l’inévitable : un manque d’homogénéité. Exercice aussi fascinant qu’inégal, The Theatre Bizarre ravira les amateurs d’étrangetés.

 

 

L’exercice du film à sketches a toujours été très délicat. La Quatrième Dimension, Sacs à Cadavres, Les Monstres, le récent Ouvert 24/7 ou encore l’indétrônable Creepshow, ce genre de projet connaît régulièrement une renaissance au fil du temps. La particularité du projet réside notamment dans le choix de ses artisans, tous réalisateurs maudits ou en marge du système assurant ainsi spectacle imprévisible et non formaté. Tourné à Montségur dans le sud de la France, le premier segment – The Mother of Toads – est mis en boîte par Richard Stanley qui n’avait rien réalisé depuis près de 15 ans. Il raconte l’histoire d’un couple en voyage en France qui va faire la rencontre d’une sorcière prétendant posséder une copie du Necronomicon. Si on attendait beaucoup de ce segment, il faut avouer que le morceau est visuellement pauvre et n’exploite pas assez le potentiel pourtant très mystique du coin de Montségur. C’est l’occasion cependant de revoir l’immense Catriona MacColl qui plante la vilaine sorcière recluse au fond des bois. De la sorcellerie, du mystique et un univers lovecraftien amusant, Richard Stanley joue à fond le jeu du film à sketches sans pour autant parvenir à réellement accrocher le spectateur. Probablement le plus ennuyeux de la bande, I Love You, segment réalisé par Buddy Giovinazzo (Combat Shock) a du mal à trouver ses marques. Un homme – l’excellent André Hennicke, tueur d’Antibodies – se réveille dans sa salle de bain avec une vilaine coupure à la main, sa femme arrive et lui annonce qu’elle le quitte car elle a besoin de faire le point. Des dialogues longuets et peu intéressants, tout ça pour terminer dans un dénouement simpliste et prévisible. Très peu de folie au menu.

 

 

Il faudra attendre le segment de Tom Savini (La Nuit des Morts-Vivants version 1990) pour profiter d’un spectacle jouissif et bien mené avec Wet Dreams. Un jeune couple se haïssant l’un et l’autre s’affronte par rêves interposés. Du gore, de l’humour et du fun, Tom Savini nous offre une dispute macabre et nous prouve qu’en plus d’être un technicien d’effets spéciaux talentueux, il sait également tenir une caméra et proposer une mise en scène digne de ce nom. Changement de ton radical avec The Accident, signé Douglas Buck (Cutting Moments, Family Portraits). Le réalisateur aborde ici le thème du rapport de la mort à l’enfant. Un accident de la route est vécu à travers les yeux d’un enfant. Emouvant, poignant et suspendu, The Accident propose un vrai petit moment de cinéma et jouit d’une mise en scène au poil. A côté de ça, c’est aussi celui qui a le moins sa place dans cette anthologie et aurait mieux fait de suivre un chemin indépendant. Karim Hussain (Subconscious Cruelty) nous offre quelques grincements de dents en s’attaquant à l’œil avec Vision Stains. Une femme privée de rêves met à mort des marginaux tout en récupérant les derniers instants de vie qui défilent devant leurs yeux à l’aide d’une seringue, pour se les réinjecter dans son propre œil. Dure et glauque, cette fable frappe un grand coup sur la table.

 

 

Enfin, on termine avec le segment de David Gregory – fondateur de Severin Films et instigateur du projet – pour notre plus grand plaisir. Son mauvais Plague Town ne laissait rien présager de bon, mais c’est avec surprise que l’on découvre Sweets, un morceau haut en couleurs, délirant et grotesque à base de bouffe et de gore. Rien de bien nouveau mais une légèreté ambiante et un spectacle divertissant pour une touche finale de bonne humeur. Mais où est donc le 7ème segment ? Ce dernier est en fait celui qui relie tous les sketches les uns aux autres, divisé en petits interludes entre chaque segment. Une jeune femme se rend dans le théâtre en bas de chez elle pour assister à un spectacle de pantins, présidé par le génial Udo Kier (Chair pour Frankenstein, Blade). Au cours de sa tirade, chaque mise en scène de pantins est matérialisée par un sketch. Ce fil rouge est réalisé par Jeremy Kasten (The Wizard of Gore nouvelle version). Malgré des hauts et des bas, The Theatre Bizarre nous offre près de 2 heures de spectacle que l’on ne voit pas passer grâce à la motivation d’une équipe amoureuse du genre. Peu de budget mais beaucoup de travail.

 

 

The Theatre Bizarre est une œuvre aussi inégale et qu'ambitieuse se profilant comme un ovni dans le paysage horrifique actuel. Jouissant des particularités du film à sketches tout en ne parvenant pas à éviter ses écueils, il a au moins le mérite de conserver son indépendance et d’offrir à quelques réalisateurs tristement effacés une liberté d’expression souvent difficile à trouver. Un manque d’homogénéité qui permet à chaque spectateur de trouver son compte mais qui l’empêche d’en apprécier la totalité. Expérience à la fois intéressante et divertissante, The Theatre Bizarre tient ses promesses. The show must go on.

Auteur : TIBO

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