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Critique The Thing 2011

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1982. Au sommet de son art, John Carpenter marque son retour en salles obscures avec The Thing. Tout juste auréolé des succès consécutifs de Halloween – La Nuit des Masques, The Fog – pourtant relativement mauvais – et de New-York 1997, le cinéaste connait pourtant un premier revers. Boudé par le public, vilipendé par la critique, le métrage redorera sa crédibilité quelques années plus tard. Erigé film culte suite à une large exploitation vidéo, The Thing reste encore aujourd’hui une œuvre à part dans la filmographie de Carpenter. Remake au modèle méconnu, le métrage tablait sur une distribution entièrement masculine pour installer un huis-clôt claustrophobique au sein de l’immensité de l’enfer blanc. Abordé sous la forme d’une préquelle, The Thing version 2011 revoit légèrement les règles du jeu sans pour autant trahir l’esprit de son modèle. Très proche de la version de John Carpenter dans sa forme, le film de Matthijs van Heijningen Jr. s’impose comme un bon petit divertissement sans réelles prétentions.

 

 

Sur le papier, The Thing 2011 reste une suite indépendante. Ou plutôt un prologue, manœuvre ici plus évidente. Le métrage de Carpenter laissait en suspens diverses questions vis-à-vis de la découverte de la bestiole, véhiculée sur une base polaire sous l’apparence d’un inoffensif chien. Matthijs van Heijningen Jr. revient pour sa part quelques semaines plus tôt, lors de la découverte d’une entité alien prisonnière des glaces depuis de nombreuses années. Accidentellement libérée de sa prison, cette dernière va rapidement décimer l’équipe rassemblée sur place. Exit donc le côté « origines », Matthijs van Heijningen Jr. n'apporte pas plus de réponses que son prédécesseur. Bien qu’extraterrestre et visiblement détentrice d’une technologie avancée, la bestiole reste ici un organisme hostile et avant tout désireux d’exterminer toute forme de vie. Si le cinéaste livre de ci et là quelques séquences destinées à dévoiler l’imposante structure crashée sous la glace, ces dernières restent anecdotiques et davantage prétexte à rendre hommage au Alien de Ridley Scott. The Thing adopte plus volontiers un canevas épuré, sans véritable objectif autre que celui de répliquer le sentiment d’oppression et de terreur conféré à l’époque par son ainé. L’histoire reste de ce fait partiellement inchangée vis-à-vis du film originel, malgré l’apport purement accessoire d’un premier rôle féminin. Matthijs van Heijningen Jr. se fend presque d’une copie en forme de ré-invention / relecture partielle, à l’instar du travail de Marcus Nispel sur l’excellente nouvelle version de Massacre à la Tronçonneuse. The Thing se montre cependant timoré en matière d’innovations, le cinéaste craignant presque d’imposer sa personnalité sur son travail.

 

 

L’équipe de The Thing nouvelle génération reste attachée au spectre du film originel. S’il reste difficile d’outrepasser ce dernier, aujourd’hui habillé d’une aura intouchable, ce pseudo-préquel n’en présente jamais l’ambition. Matthijs van Heijningen Jr. et son scénariste – Eric Heisserer, en charge du script de Destination Finale 5 –  se limitent à un parfait duplicata. The Thing adopte un déroulé en tous points similaire à son ainé, le métrage lorgnant vers un jeu de cache-cache enrobé d’un sentiment de paranoïa perpétuel – la chose pouvant cloner l’apparence de ses victimes –. L’ensemble fonctionne pourtant nettement moins bien que par le passé, malgré une approche série B très typée eighties. Personnages globalement inintéressants, développement aux enjeux dramatiques plutôt légers, The Thing se limite à un jeu de quilles humaines aux influences Lovecraftiennes – Les Montagnes Hallucinées et le mythe de Cthulhu  –. Sur un ressort purement technique,  Matthijs van Heijningen Jr. est cependant à l’aise, et confère à sa vision de The Thing une dimension divertissante relativement bien affutée. Si son travail s’approche sans déborder du simple film de commande, le tout s’avère suffisamment rythmé pour passer outre les manquements d’un scénario déjà-vu. Là ou le film de Carpenter restait un temps dans la suggestion, The Thing 2011 fonce dans le tas en dévoilant d’emblée sa créature.  En résulte de nombreuses scènes de massacre joyeusement gorissimes, Matthijs van Heijningen Jr. ne lésinant ici à aucun moment sur les effets chocs.

 

 

Dans la forme, The Thing se montre tout autant confiné dans le passé. Doté d’une esthétique old-school, le métrage s’habille d’une mise en boîte plan-plan, certes dénuée d’ambitions mais témoignant d’une lisibilité exemplaire.  Formé à l’école du clip vidéo, Matthijs van Heijningen Jr. adapte fidèlement et sans rechigner sa réalisation au strict cahier des charges. Seuls les effets spéciaux en CGI tranchement véritablement avec l’aspect eighties de l’ensemble, là où l’utilisation d’animatronics aurait presque contribuée à une certaine cohérence artistique. Petra Holtorf Stratton – responsable des effets visuels – livre de correctes images de synthèse, presque trop tant l’omniprésence à l’écran de la créature suffit à la démystifier. Une probable conséquence de l’aspect pop-corn et bourrin commandité par les producteurs. Côté casting, The Thing mise sur une bande d’inconnus. Seule véritable figure « populaire », la mignonne Mary Elizabeth Winstead – Boulevard de la Mort, Destination Finale 3, Black Christmas –  sort d’un quasi-mutisme cinématographique de deux années pour incarner un personnage bienvenu, le rôle restant un brin plus approfondi que ceux de ses comparses masculins. Rien de bien transcendant néanmoins, The Thing sépanchant davantage dans l’action que sur une quelconque dimension psychologique.

 

 

Sans tambours ni trompettes, cette remise à jour de The Thing remplit ses objectifs. Inutile d’espérer retrouver les sensations de l’original, ce dernier reste encore aujourd’hui parfaitement crédible. Exception faîte des effets spéciaux, le film de Matthijs van Heijningen Jr. n’apporte clairement aucune valeur ajoutée. A déguster pour le fun.

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