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Critique The Visit

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Etrange parcours que celui de M. Night Shyamalan. Cinéaste prodige porté par un buzz phénoménal à la fin des nineties – le très habile Sixième Sens aura laissé des marques –, ce dernier aura partagé le public sur ses productions suivantes. Considéré comme visionnaire par bon nombre d’aficionados de cinéma fantastique, Night Shyamalan s’est parallèlement mis à dos un « tribunal » populaire qui ne voit en lui qu’un artisan définitivement surestimé. Si le cinéaste excelle bien dans la construction du suspense, force est de reconnaitre que celui-ci échoue parfois à s’affranchir d’une conclusion véritablement à la hauteur des interrogations suscitées. De retour avec une micro-prod après le plantage financier After Earth, le réalisateur livre avec The Visit un found-footage pour le compte de Blumhouse Productions. Le résultat s’avère affreusement formaté.

 

 

A l’occasion de la campagne de promotion de The Visit, Night Shyamalan a déclaré qu’il était particulièrement satisfait de sa relation avec le fameux producteur Jason Blum – le mec le plus radin du business cinématographique – et qu’il travaillait dès à présent sur un nouveau projet pour sa boite de production. Le très bon Joaquin Phoenix est par ailleurs officialisé au casting, quelques jours avant un second communiqué annonçant son départ soudain. Ce dernier a probablement eu la « chance » de visionner The Visit, et aura flippé quant à la capacité de Night Shyamalan a surprendre, effrayer et émouvoir. Ex-virtuose d’un cinéma en perpétuelle réinvention, le réalisateur s’affranchit en effet avec ce found-footage nazbroque d’une péloche absolument incompréhensible au vu de son talent et de son expérience. Son nouveau film est un pur « produit » de consommation rapide, pseudo-film de flippe imbuvable et plein de vide comme il en fleurit désormais tous les mois sur les plannings des gros studios désireux de faire le max de fric avec un investissement minimal. Du tout-venant sans ambitions, dérivé de concepts et schémas narratifs exploités par une foule de long-métrages shootés à la va-vite, puisque l’amateurisme des images peut désormais être excusé par une pseudo-approche de cinéma vérité. La formule est désespérément usitée : quatre acteurs, une vieille baraque, des phénomènes étranges et une utilisation incessante de jump-scares faisandés. Merci pour l’effort.

 

 

Le script fait preuve d’une banalité navrante. Une mère de famille en froid avec ses parents depuis près de quinze ans accepte que ses deux enfants leurs soient confiés une semaine. Les deux vieux machins n’ont jamais eu l’occasion de rencontrer leurs petits-enfants et les accueillent à bras ouverts. La nuit, ils font malheureusement plein de trucs bizarres, et les deux pauvres adolescents se trouvent de ce fait rapidement en danger. Ce qui ne les empêche heureusement pas de prendre des risques inconsidérés afin de tout filmer, comme d’ordinaire. Et de plus avec un sens du cadre et du mouvement qui frôle le don du seigneur. Extrêmement pauvre et monotone, The Visit alterne donc ses séquences de bla-bla inutiles aux traditionnels moments de frousse sous-éclairés mais bardés de gros bruits casse-noisettes. Bien qu’anecdotique, l’ensemble reste globalement mieux rythmé et fendard que certains concurrents, Night Shyamalan profitant d’une actrice complètement allumée – la vieille bique Deanna Dunagan – pour lui faire exécuter des grimaces  ou la faire courir les fesses à l’air dans la bicoque. Amusant, à défaut d’être effrayant. Le pire tient cependant dans l’aspect ultra-prévisible de l’entreprise : le cliffhanger final de The Visit semble en effet se profiler dès le premier tiers. Un comble pour un cinéaste dont la réputation tient en grande partie de ses twists de fin de parcours.

 

 

Histoire de compléter le tableau, The Visit articule son « histoire » autour de deux jeunes personnages absolument horripilants. Le garçon plus particulièrement. Rappeur blanc-bec évoluant sous le ridicule blaze de T. Diamond Stylus, ce dernier « improvise » son flow dans le bus, la cuisine, la chambre, les chiottes. Insupportable. Que reste-t-il à sauver de ce nouveau Night Shyamalan ? Malheureusement pas grand-chose, la réal’ étant ni meilleure ni pire qu’un found-footage classique. Le film est certes lisible, mais demeure moche à en pleurer malgré des décors extérieurs plutôt sympathiques.

 

 

The Visit laisse un arrière-goût particulièrement désagréable : M. Night Shyamalan a définitivement perdu son inventivité et cachetonne désormais sur un film commercial et sans intérêt afin de régler les factures. Bien que parfois bancal, son cinéma n’avait jusqu’ici jamais témoigné d’un tel manque de personnalité. Dramatique.

 

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