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Critique The Voices

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Véritable touche à tout – bande dessinée, musique, cinéma –  la réalisatrice française d'origine iranienne Marjane Satrapi revient avec un nouveau film complètement barré,  qui voit Ryan Reynolds incarner un tueur en série réticent à laisser parler ses pulsions. Mélange détonnant de plusieurs genres, horreur, comédie grinçante et même comédie musicale – si, si – The Voices est un film jouissif et euphorisant, ce qui est déjà un exploit en soi vu le sujet.

 

 

Jerry travaille dans une usine qui fabrique des baignoires, dans la petite ville de Milton. C’est un jeune homme solitaire au sourire ravageur, mais toujours sur la défensive, ce qui le rend un peu niais aux yeux de ses collègues. Car Jerry cache un lourd secret, remontant à l’enfance et du à l'héritage génétique de sa mère qui le rend sujet à des pulsions violentes. Son monde est en total décalage avec la réalité et ses deux animaux de compagnie sont toujours ravis d’en discuter avec lui : le chien incarne la bonne conscience, tandis que le chat est fourbe et pousse Jerry vers ses pulsions les plus malsaines. Mais peu à peu,  son chat  prend le dessus sur son chien dans la lutte intérieure qui étreint notre héros. Oui, Jerry a un sérieux grain. Et le parti pris de Marjane Satrapi est de voiler le monde tel qu'il est pour ne nous offrir que la vision enchantée de Jerry. Sans son traitement, Jerry – qui passa de longues années interné – vit dans un univers coloré et lisse. Et avec traitement, il ne supporte pas le monde anxiogène qui lui fait face. La force de The Voices est justement de nous rendre ce psychopathe de Jerry sympathique et poignant et l’on se surprend vite à  se prendre d'affection pour ce grand dadais naïf et innocent. Du moins jusqu'à Ze scène qui fera tout basculer.

 

 

Sans trop en dévoiler, c'est durant cette scène que le film trouve toute sa saveur, arrivant même à déclencher le rire pendant des moments violents et horribles. Un meurtre devient ainsi presque un gag, essentiellement amené par des dialogues hilarants, rapprochant le film de séries comme South Park ou Les Simpsons. Sauf que là ce n'est pas un cartoon, la distanciation n’est pas de mise, et cela joue encore plus sur l'implication du spectateur.  The Voices fait d'autant plus fort qu'il parvient tout du long à garder cet équilibre précaire qui fait qu'on se retrouve sans cesse bousculé émotionnellement. Le film est remarquable de maîtrise, Marjane Satrapi parvenant à nous amener aisément où elle le veut. Il faut voir cette formidable séquence qui part d'un rendez vous manqué pour se terminer par un meurtre, avec au passage un Elvis chinois, un karaoké girly, et un accident impliquant un cerf parlant et une blague biblique. Intriguant ? Oh oui, d'autant que le résultat nous procure un véritable lessivage émotionnel, où se mêlent horreur, rire et gêne. Et tout le film est du même acabit. Surprenant, tout comme le choix de suivre quasi exclusivement Jerry – et sa vision donc –, les rares scènes extérieures ne sont là que pour faire avancer l'intrigue. Donc aucune fioriture dans ce The Voices, et aucune longueur, les surprises étant même assez fréquentes.

 

 

Et pour qu'une telle entreprise soit viable et ne sombre pas dans le ridicule, il fallait bien la géniale interprétation de Ryan Reynolds, totalement investi dans son rôle, véritable pilier sans qui le film n'aurait certainement pas le même impact. Arriver à rendre touchant et crédible un serial killer est un exploit qui mériterait à lui seul un oscar. De bonne augure pour le film Deadpool dans lequel il incarnera ce super héros déjanté et sarcastique ! Le reste du casting n'est pas en reste, chacun étant clairement à sa place. Les femmes tiennent un rôle essentiel dans l'intrigue – et donc dans la vie de Jerry – et toutes les actrices incarnent merveilleusement leur rôle. Marjane Satrapi a créé un monde décalé, visuellement magnifique, grâce notamment à l’immense travail de son équipe technique. Et pour ne rien gâcher, le scénario, en plus de ses surprises et son architecture, a l'avantage de laisser libre champ aux autres parties impliquées pour qu’ils apportent leur grain de sel : réalisatrice, acteurs, compositeur ou équipe artistique. Tout ce beau monde fait qu’au final l’ensemble soit  d’une richesse et d’une cohérence rares.

 

 

The Voices fait honneur au cinéma. Superbe rollercoaster émotionnel, le film de Marjane Satrapi ne ressemble à aucun autre. Mix improbable entre le John Waters de Serial Mother et Le Silence des AgneauxThe Voices est Le film de ce début d'année. Et ô surprise, c'est une femme, et une française, qui le met en scène. Et si vous avez toujours rêvé de voir Jésus danser sur du disco –  certains doivent bien en rêver non? – tout en vous retenant de rire honteusement devant de véritables atrocités, The Voices est fait pour vous. Et pour tous les autres aussi d'ailleurs.

 

Auteur : TONTON

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Combien font : 69-12

Votre réponse :

Tonton 04-04-2015
Merci Tibo !
TIBO 25-03-2015
Je valide TONTON, une belle surprise ! Super critique.

 

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