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Critique The Ward

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Dix ans. Vilipendé à la sortie de l’inégal mais fendard Ghosts Of Mars, John Carpenter sera resté une décennie confiné dans un étrange mutisme cinématographique. Réalisateur phare du mouvement fantastique, génial précurseur de la terreur sur grand écran, le cinéaste aura emballé un impressionnant chapelet d’œuvres devenues références en matière de cinéma bis  – The Thing, L’Antre de la Folie, le doublé New York 1997 / Los Angeles 2013, Halloween –. Bien que moins présent au cours des dernières années, cet artisan multi-facettes d’un septième art à la fois subversif et purement divertissant aura néanmoins piloté quelques projets de remakes basés sur son propre héritage. Des relectures majoritairement anecdotiques – The Fog, Assaut sur le Central 13 –, voire purement et simplement avortées. Injustement relégué aux côtés des cinéastes périmés, Carpenter signe pourtant un retour remarquable avec The Ward. Une bobine délicieusement old-school et à l’image de son géniteur.

 

 

Monté sur des fonds Indépendants, The Ward s’éloigne radicalement des dernières productions en date couchées sur bandes par Carpenter. Exit le côté bling-bling et buriné d’un Ghosts Of Mars mené par une armée de gros bras partiellement banquables – Jason Statham, le ridicule Ice Cube –, le cinéaste recentre ici le propos sur un huit-clos intimiste et parfaitement maitrisé. Certes usité, le synopsis de The Ward installe ses fondements sur une histoire d’asile hanté plutôt efficace. Enfermée dans une institution spécialisée suite à un acte de vandalisme dont elle ne conserve aucun souvenir, la jeune Kristen se voit ici confrontée à une terrifiante apparition fantomatique visiblement engagée dans une vendetta envers les occupantes des lieux. Conscient d’abandonner toute notion d’originalité au profit d’une ambiance d’ensemble, Carpenter capture un pur divertissement old-school et respectueux de tout un pan de la culture horrifique des eighties. Construit en hommage aux métrages de terreur suggérée – Amytiville, Poltergeist –, The Ward installe un développement tourné autour d’une tension quasi-permanente. Certes attendus, les multiples twists dont s’habille le scénario de Carpenter ne manquent pourtant à aucun moment de produire leur petit effet. En résulte une implication totale du spectateur au sein du déroulé imaginé par le cinéaste, véritable tour de force tant The Ward se complait à n’éviter aucun des clichés de rigueur. 

 

 

Plutôt pauvre en matière d’innovations, The Ward enfonce le clou en usant volontairement des poncifs de l’âge d’or. Scare-jumps ultra-prévisibles – le traditionnel emploi des miroirs – ou encore recoupement progressif de l’histoire oubliée de l’héroïne et de la raison d’être du spectre, le travail de Carpenter semble faire preuve d’un classicisme partiellement délavé. Jusqu’à un final pourtant malin, chargé d’apporter un éclairage nouveau sur l’ensemble. Relativement inattendues, les dernières séquences de The Ward laissent l’œuvre sortir de son mode pilotage automatique pour imposer un retournement de situation furieusement bien troussé. Si Carpenter reste certes radicalement éloigné de l’audace de ses meilleurs travaux, ce dernier signe un projet personnel et détaché de tout mouvement commercial. Entièrement tricoté autour du développement de ses personnages, The Ward fait preuve d’un total rejet d’une ultra-violence pourtant d’actualité – Saw, Hostel –. A l’instar de la nouvelle garde Espagnole, John Carpenter comble les légers manquements de son script par une épaisseur intéressante en matière de caractères. Lentement dévoilés au fur et à mesure des rebondissements, les histoires respectives des occupantes de l’établissement convergent astucieusement vers un dénouement de ce fait parfaitement amené. 

 

 

Artistiquement, Carpenter conserve tout son savoir-faire. Bien qu’amputé d’une partie des financements autrefois attribués à ses projets, le cinéaste livre une péloche bien tenue, réussite technique en partie inhérente au classicisme notoire de son synopsis. Dépouillé d’effets spéciaux pétaradants, The Ward témoigne d’un habillage épuré en parfait accord avec l’esthétique eighties de ses décors. Carpenter emballe son travail dans un scope soigné, évitant soigneusement le piège du look DTV souvent imputable aux petits budgets – les dernières productions d’un Dario Argento dépassé sur tous les aspects –. D’une lisibilité exemplaire, The Ward pêche uniquement à l’occasion de quelques maquillages hasardeux, carence néanmoins anecdotique tant l'ensemble s’évertue à user de suggestion plutôt que d’une brutalité purement frontale. Le casting composé par le réalisateur brille enfin par sa qualité, et ce malgré le manque de reconnaissance affiché par la majeure partie des intervenants. Désormais abonnée au film de genre, la superbe Amber Heard – All The Boys Love Mandy Lane, And Soon The Darkness, Hell Driver – se fond une nouvelle fois dans son rôle en affichant un charisme sans failles. Remarquable.

 

 

Bien que dépouillé d’une quelconque volonté de révolutionner le genre, The Ward se profile comme une réussite complète. Très loin des piètres résultats cinématographiques d’un Dario Argento ou des égarements d’un Wes Craven, John Carpenter livre un petit film sans prétention autre que celle d’imposer un suspens efficace. Mission accomplie. 

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Votre réponse :

Texasflood 26-08-2012
Bon ! Il ne faut pas se voiler la face, ce n'est pas du grand Carpenter mais ça reste tout de même très agréable à visionner malgré un scénario pas assez dépouillé à mon goût. L'idée de l’hôpital psychiatrique est bien vue seulement on regrettera un manque flagrant de trouillomètre que nous avez habitué le maître dans ses précédents classiques. Carpenter vieillit certes, mais son talent reste indéniable.

Ma note : 15/20
05-03-2012
Re- Salut BEN !!!
Franchement, je suis pas aussi satisfait que toi ...
malgrès ton explicicité...(et ta manière de décortiquer.
Pour le Film,..moi,
je trouve très très moyen,
mis à part un twist final qui met en valeur ce somnifère scabreux,
et seulement après ça ...
on perçoit enfin d'une manière interressante le scénar.
mis à part ce retour de pelle,
c'est pauvre et fade avec un "Ghost" qui rapelle une Vaste Farce sortie des glorieux "scary movies" qui devraient servirs d'allume feu
ou de jouets pour mon chien,
Bourré de clichés "Scare" déplorables pour ados !! ...
des séquences en 3 images/secondes et des "jets" énervants d'une mollesse blasante par des dialogues insignifiants,
et !!!! Volontairement inexistants ... !!!
je crois que Carpenter voulais seulement faire un film pour travailler avec de jolies filles,...(on lui en voudra pas ! tu va me dire !!)
aulieu de confectionner concrètement un projet plus décadent et inscisif ...
A Voir ....et à jeter pour ma part.

lb 08-07-2011
Déçu moi aussi, une direction d'acteurs honnête, de beaux mouvements de caméra mais, l'histoire manque cruellement d'originalité, même le twist final entre dans le déjà vu (déjà vu très récemment même).Et puis le fantôme est complètement raté, on sent bien que Carpenter a voulu s'éloigner du bling-bling numérique actuel, mais là c'est quand même une faute de goût au niveau du maquillage.
TIBO 23-06-2011
Pareil de mon côté, la mise en scène est plutôt pas mal (même si au final presque n'importe réal aurait pu être derrière qu'on aurait pas vu la différence), mais le contenu... J'ai passé un bon moment devant une sympathique série B, rien de plus.
Tonton 22-06-2011
Malheureusement pas d'accord. J'adore Carpenter même dans ses films les moins bons - Ghosts of mars, le village des damnés- amis là c'est bien filmé mais vide, vide... Tellement qu'on s'ennuie comme rarement..
Et pourtant je voulais tant aimer ce film..

 

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