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Critique Touristes

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Touristes sera passé par divers formats. Initialement imaginé sous la forme d’une pièce de théâtre, le projet d’Alice Lowe et Steve Oram – tous deux acteurs et scénaristes – sera par la suite adapté pour le petit écran. Peine perdue, l’ensemble des chaines anglaises trouvant le sujet trop lugubre et dérangeant. C’est finalement le producteur-réalisateur Edgar Wright, trublion responsable du décérébré Shaun of the Dead, qui confiera le projet entre les mains de la société de production Big Talk Pictures. Recalibré pour le marché cinéma, le film échoit entre les mains expertes de Ben Wheatley, qui signe ici un métrage bizaroïde à l’esprit typiquement english.

 

 

Sur le papier, l’idée d’embarquer un couple atypique dans un road-trip meurtrier a de quoi séduire. D’autant plus que Wheatley aborde la folie de ses amants sous un tout autre angle que le premier degré appliqué aux cultissimes Tueurs Nés ou encore Bonnie and Clyde. Touristes se profile en effet plutôt comme une pure comédie macabre à l’anglaise, construite sur le même schéma que les métrages de Wright ou que le mésestimé Bienvenue au Cottage. Wheatley brosse pour ce faire des portraits au vitriol, sa galerie de personnages étant d’une beaufitude résolument crasse. Habillement, le cinéaste installe pourtant malicieusement des protagonistes attachants par leur bêtise et leurs illusions. D’un côté, Tina a toujours mené une vie paisible et bien rangée, cette dernière étant couvée par une mère un brin envahissante. De l’autre, Chris souffre depuis plusieurs années d’une image de paria qu’il semble cultiver à travers un look has-been et une certaine passion pour le caravaning. Pour leurs premières vacances en amoureux, les deux compères partent à la découverte de la campagne Anglaise. Le périple va pourtant être parsemé d’individus nuisibles, que le duo de choc va s’efforcer d’éliminer du paysage afin de ne pas gâcher son idylle. Assez finaud dans sa conception de l’humour, Touristes mise davantage sur un second degré sous-jacent plutôt que sur les gros gags bas du plafond. Et le métrage parvient plus ou moins à remplir son objectif, Wheatley compilant quelques séquences désopilantes de par leur sombre absurdité.

 

 

Malgré sa forte propension à retourner les us et coutumes de la comédie avec un décalage parfois savoureux, Touristes est un métrage partiellement hermétique. Wheatley reste certes droit dans ses baskets et ne s’accorde aucune concession, mais l’ensemble peine parfois à faire mouche. Le rythme général ainsi que l’absence totale de message, voire même d’objectif narratif, condamne Touristes à évoluer au rang de pochade brutale et sans véritable morale. Le cinéaste compense néanmoins en s’attardant avec un soin particulier sur ses deux personnages principaux. Moche au possible, le couple offre au métrage tout son sel. La relation pseudo-amoureuse permet à Wheatley d’enchainer les imbroglios ou les retournements de situation, chaque amant surenchérissant constamment à la démence de sa moitié. Touristes conserve à ce titre de manière plus que marquée sa dimension théâtrale originelle.

 

 

Articulé autour de la liaison « je t’aime, moi non plus » de son binôme meurtrier, Touristes repose entièrement sur les performances de ses acteurs. Steve Oram et Alice Lowe s’avèrent incroyablement détestables dans leurs rôles respectifs, ces derniers dépeignant la crétininerie puérile de leurs personnages avec une justesse presque effrayante. Impeccable, à l’image de l’approche esthétique de Ben Wheatley. Si Touristes n’offre pas au cinéaste l’occasion de s’épancher dans les prouesses visuelles, le réalisateur capture la campagne anglaise et les résidents du terroir local avec un grain bien particulier. Insistant lourdement sur la colorimétrie – l’herbe n’a rarement été aussi verte –, ce dernier livre un métrage au ton seventies, le rendu très kitsch de son travail s’accordant parfaitement à l’esprit et à l’étrangeté du scénario. Chapeau bas.

 

 

Victime d’un rythme général parfois mollasson, Touristes est une étrangeté cinématographique totale. Si la conversion « théâtre-cinéma » confère au métrage une certaine répétitivité des situations, le travail opéré sur les protagonistes et leurs interactions avec le monde extérieur permet au travail de Wheatley de s’habiller d’une ribambelle de situations cocasses. Imparfait mais digne d’intérêt.

 

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