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Critique Transcendance

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X²=(-552684xy)√cos*sin248/#45². Le techno-thriller tarabiscoté a le vent en poupe. L'évolution technique a en effet amorcé au début de la décennie une course folle, ouvrant le champ de tous les possibles aux cinéastes les plus azimutés. Bien qu’encore novice en matière de réalisation, Wally Pfister a été longuement formé à l’école Nolan – The Dark Knight, Memento, Inception – en assurant la direction photo sur la majeure partie de sa filmographie. Habitué aux productions complexes, le cinéaste s’empare d’un scénario laissé sur le banc de touche par son ancien mentor, et livre un œuvre foisonnante d’idées tordues. Anti-blockbuster par excellence, son Transcendance se profile en effet comme un métrage relativement difficile à appréhender, passionnant sur bien des points mais parfois maladroit.

 

 

Le postulat de base se veut Nolan-esque par excellence. L’ensemble s’articule autour d’une fusion homme-machine qui émoustille le milieu fantastique depuis les eighties. Considéré par ses pairs comme l’un des plus grands génies de son temps, le docteur Will Caster travaille sur la conception d’un super-ordinateur autonome. Empoisonné par un groupuscule anti-technologie, ce dernier se voit condamné par le corps médical. Sa femme et son meilleur ami vont alors s’appuyer sur ses travaux pour sauvegarder sa mémoire dans une machine. Ce dernier devient dès lors quasi-omnipotent et use du réseau internet pour démultiplier de manière incontrôlable ses connaissances. Alors que ce qu’il reste du Docteur Caster acquiert progressivement un gigantesque pouvoir, les terroristes du RIFT s’organisent afin de mettre un terme à sa progression. Transcendance est un film de pure science-fiction, mais évite soigneusement le côté pop-corn. Wally Pfister calque d’ailleurs son travail sur l’art de la construction narrative made in Nolan. Pas d’esbroufe, pas de facilités scénaristiques. Transcendance en devient presque minimaliste – le film se déroule majoritairement au milieu du désert –, et ce malgré un budget costaud qui l’autorise à de multiples effets visuels ébouriffants.

 

 

Wally Pfister s’attarde en effet longuement sur l’aspect dramatique de son métrage. La relation entre la « machine » Caster et son épouse se positionne en effet en fil rouge, davantage qu’un traditionnel affrontement bien / mal. Transcendance repousse d’ailleurs ces notions autant que possible, Pfister n’insufflant aucune once de manichéisme dans sa structure scénaristique. S’il devient de ce fait relativement difficile de se positionner, le métrage distille dans chaque personnage des émotions et des doutes soigneusement contrastés. Le soin apporté à l’ensemble des protagonistes, qu’ils soient centraux ou plus accessoires, est manifeste. Si Pfister ne tombe à aucun moment dans le piège de la prise de position explicite, son travail ouvre par ailleurs à la réflexion. Jusqu’à quel point doit-on laisser la technologie améliorer notre confort de vie ? La protection de l’espèce humaine doit-elle passer par une perte de libertés et un abandon des différences ? Doit-on tout simplement repousser la mort ? Transcendance laisse en suspens de nombreux questionnements particulièrement actuels. L’approche est souvent habile, mais le film peine pourtant à installer un véritable climax. Si le spectateur pourra aisément passer outre certains rebondissements plus ou moins improbables, le rythme tout en retenue du métrage lui impose occasionnellement de conséquences baisses de régime. Un choix qui, conjugué à la singularité d’un script nébuleux au possible, éloignera définitivement l’œuvre du grand public.

 

 

Dans le fond comme sur la forme, Pfister ne sombre jamais dans la facilité. Refusant de tourner en numérique, ce dernier livre en effet un très beau film à l’ancienne. Transcendance est une réussite artistique totale, l’ensemble déroulant des enchainements de séquences bardées de plans travaillés et nimbés de couleurs douces. Pfister pousse son quasi-suicide commercial jusqu’au bout, et évite de ce fait tout emprunt au cinéma populaire. Les amoureux des séquences hachées et des teintes qui explosent la rétine en auront pour leur frais. Dommage que l’ensemble ne duplique pas le niveau d’excellence technique dans sa direction d’acteurs. Le casting fonctionne tout juste, sans faire d’étincelles. Depp est convenable, mais ne brille à aucun moment, ce dernier s’évertuant à ne laisser transparaitre aucune humanité. Cillian Murphy – Inception, 28 Jours plus Tard, Sunshine – hérite encore et toujours d’un rôle accessoire, trop étriqué, dans lequel il ne peut se révéler pleinement. Rebecca Hall est heureusement parfaite, comme d’ordinaire. Ouf.

 

 

Transcendance est un film particulier, imparfait mais attachant. Délivrant un concept intéressant sans pour autant « imposer » sa vision de la vie, le travail de Wally Pfister pourra passionner autant que rebuter, voire paraitre un brin formaté. Le tout turbine cependant plutôt convenablement.  Bien que vendu comme un semi-blockbuster, le film n’en a clairement pas l’étoffe. Tant mieux.

 

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