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Critique Triangle

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Impeccable sur le fond comme sur la forme, Creep avait su propulser le newcomer Christopher Smith parmi les réalisateurs à suivre de près. Plus discret que certains de ses contemporains, le cinéaste restera pourtant partiellement dans l’ombre, probablement en raison d’une attirance plus que prononcée pour les projets furieusement indépendants. Ignorant les majors, Smith proposait dès l’année suivante un Severance déjanté et radicalement éloigné de l’univers développé sur son premier long-métrage, et témoignait par le même coup de sa capacité à explorer différentes facettes du genre horrifique. Etrangement ignoré par les médias, Triangle laisse une nouvelle fois son géniteur s’aventurer vers l’inconnu. Avec ce nouveau projet, le réalisateur Anglais accouche d’une œuvre fabuleusement maitrisée.

 

 

Fait étrange, chaque nouveau film de Christopher Smith semble financièrement plus petit que le précédent. Et pourtant, le cinéaste avance sans accuser de baisse de qualité, et s’évertue à transcender ses microscopiques budgets pour livrer des morceaux de pellicules novateurs et impressionnants d’inventivité. Triangle ne fait pas exception à la règle d’excellence instituée par Smith depuis ses débuts, mais réoriente le réalisateur dans un premier degré plus propice à modeler un suspens digne des plus grands. Si le pitch ne s’avère pas foncièrement original – une petite ribambelle de matelots en herbe trouvant refuge sur un vaisseau fantôme suite au naufrage au sein du triangle des Bermudes de leur bateau de plaisance –, le développement bâti par Smith sur ces solides fondations parvient à conjuguer avec brio séquences trépidantes et mysticisme de tous les instants. Car là ou d’autres sombrent rapidement dans les élucubrations fantasques faciles et attendues, Le Vaisseau de l’Angoisse -  Ghost Ship - en tête de liste, Triangle impose son déroulé sur des thématiques inattendues et évite de faire appel aux ressorts usités de la possession ou des présences démoniaques. Smith centre avant tout son script autour de ses personnages, de prime abord assez peu intéressants mais patiemment creusés sur près d’une heure trente. A l’image du film, le traitement des protagonistes témoigne d’un travail par couches, ces derniers gagnant lentement en consistance au fur et à mesure que les éléments de réponses s’imbriquent sur un scénario passionnant de bout en bout. Comme d’ordinaire éloigné des schémas traditionnels, Christopher Smith livre une œuvre à tiroirs, qui s’ébauche sur des révélations disparates et floues avant de trouver un éclaircissement à l’occasion d’un final estomaquant.

 

 

Si l’ensemble ne s’oriente clairement pas vers un registre fantastique ordinaire, Triangle y fait appel afin de proposer une transposition moderne d’un mythe de l’antiquité grecque. L’affiliation au genre reste cependant tout aussi minime que certaines œuvres de David Lynch - en particulier Lost Highway -, le cinéaste naviguant avec brio entre réalité et rêve éveillé sans pour autant amener d’explication clairement définie. Si Triangle s’avère nettement moins nébuleux que ses modèles,  le film se montre en effet plus difficilement abordable qu’une bande horrifique lambda et prend le risque de laisser sa proie dans le flou le plus total. Smith n’expose jamais clairement son message, et son travail nécessitera une certaine attention afin d’être convenablement assimilé, tout comme l’explication brouillardeuse du sort de l’héroïne principale, pour sa part totalement laissée à la libre interprétation de chacun. Radicalement éloigné de la notion de pur divertissement exposée par un Severance rigolard, Triangle pourra rebuter par ses répétitions, pourtant nécessaires au vu du déroulé scénaristique. Une fois assimilé, le concept du métrage se montre pourtant diablement accrocheur, et se déroule sur une rythmique soutenue, renforcée une technique parfaitement menée. Smith ose prendre l’exact contrepied de son poisseux Creep, et livre un film bardé de contrastes. Si l’esthétique oscille entre l’aspect lugubre des couloirs sombres et la luminosité des extérieurs, c’est bien cet aspect éclatant, presque aveuglant, qui imprime majoritairement sa présence sur les images capturées par Christopher Smith.

 

 

A contre-courant, le réalisateur s’éloigne avec audace de la colorimétrie noir d’encre / vert glauque des bobines horrifiques, registre auquel Triangle ne s’apparente au final que très sommairement. Lumineuse au possible, la direction photo de Triangle appuie parfaitement la volonté du réalisateur de n’intégrer à son métrage qu’une discrète dose de gore, et de poser sur bandes un projet empruntant à droite et à gauche mais demeurant étonnamment difficile à cataloguer. Obnubilé par la thématique de la perdition mentale, le cinéaste emballe son projet d’un blanc clinique et retranscrit à merveille au sein de ses choix artistiques la position de ses protagonistes, et à fortiori la « folie grandissante » de son héroïne.  Très sobre et soigné dans la forme, Triangle s’emballe d’un habillage classieux qui ne laisse jamais transparaitre la maigreur de son budget, si ce n’est à travers quelques effets numériques légèrement critiquables. Smith limite néanmoins l’utilisation des CGI au strict minimum, à savoir l’arrivée dans le brouillard du bâtiment fantôme ainsi que la tempête responsable du naufrage des protagonistes, et parvient malgré tout à masquer partiellement le manque de moyen par des plans qui ne s’attardent pas plus que nécessaire sur l’esbroufe visuelle. Cet unique point faible s’avère de ce fait accessoire face à la qualité du projet, de plus interprété par un chapelet d’intervenants impeccables. La direction d’acteur de Smith est une nouvelle fois magistrale, ce dernier parvenant comme sur ses précédentes bobines à tirer le meilleur d’interprètes féminines pas forcément taillées pour les rôles. Après Franka Potente - Creep - et Laura Harris - Severance -, le cinéaste plonge une Melissa George constamment sur la brèche dans son cauchemar. L’actrice parvient à y imposer son charisme et à dépeindre un personnage emplit de faux-semblants, la performance étant d’autant plus notable que le personnage s’avère complexe et doté d’une personnalité virant à l’antipathique au fur et à mesure de l’avancement dans le film.

 

 

Avec Triangle, Christopher Smith poursuit sa quête vers l’anti-commercial assumé. Si la sentence est sévère – la distribution du film s’avère calamiteuse – le réalisateur Anglais livre une copie quasi parfaite, insolente de talent et surtout totalement personnelle. Impressionnant.

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Combien font : 81-10

Votre réponse :

LE PAT KISS MUSEUM 31-01-2015
TRIANGLE DE TRAVERS
La belle Melissa George devra tirer son épingle du jeu dans ce film intéressant de Christopher Smith , aux commandes d' un vaisseau fantôme surgit des ténèbres . Je vois ici quelques similitudes avec le divin " Vaisseau de l' angoisse " de Steve Beck sorti en 2003 même si la comparaison s' arrête au fait que l' action se déroule en pleine mer sur un navire semblant sortir directement des enfers . Le film s' engouffre volontairement dans une faille spatio-temporelle et la somptueuse héroïne sera inlassablement condamnée à revivre sans cesse le même labeur sur un bâtiment désert venant de nulle part . On notera plusieurs clins d' œil au légendaire " Shining " ( La photo hors du temps - La salle de bal - Les mots en lettres de sang sur le miroir et surtout le numéro de la chambre : " 237 " ! A voir donc pour les amateurs du genre en imaginant la carcasse lugubre du puissant paquebot de la White Star Line " TITANIC " ressortir des profondeurs des abimes ...
Ant0ine 12-04-2012
Ce film est pour le moins surprenant. Pendant la première demi-heure, je me disais que ce serait un film d'horreur stéréotypé avec un navire fantôme et une bande de potes qui se fait zigouiller dans des flots d'hémoglobine. La réalité est tout autre. Dès que j'ai compris l'étrange cercle temporel, le film m'a scotché. On se prend au jeu et le film nous absorbe. Il ne faut pas essayer de comprendre le pourquoi du comment. Le script nous guide en révélant des choses au compte-goutte sans vraiment donner d'explications à tout ça, et c'est pas plus mal. Ces trous scénaristiques rappellent un peu la manière de procéder d'Hitchcock. Tout est orchestré avec une grande précision. Les répétitions ne sont pas là pour faire beau et apportent chaque fois un angle de vue différent, et un élément de plus au scénario. Bref, quand on se plonge dans le film, on ne s'ennuie pas. Le tout est magnifiquement interprété par Melissa George qui donne une grande profondeur à son personnage. On peut regretter le fait que les autres personnages soient un peu creux, mais ce n'est pas plus perturbant que ça finalement. En plus, Dieu merci, les couleurs ne sont pas vert glauque effrayant. Ca fait tellement de bien de voir un film d'épouvante où les couleurs sont pas à vomir.

6nema 04-01-2012
Merci pour cet article. TRIANGLE est hélas encore trop méconnu et pourtant déjà un film culte parmi les fans du genre.
Certes il partage avec TimeCrimes (que j'aime aussi) certains aspects visuels et scénaristiques, mais là ou Timecrimes ressemble encore à téléfilm allemand (le comble pour un film espagnol) écrit par un scientifique, TRIANGLE brille par sa réalisation, son scénario, sa musique et son ambiance si particulière.
Contrairement à ce que j'ai pu lire plus bas, il est impossible de s'y ennuyer sauf si on manque de neurones, le structure du film vous scotche devant votre écran pendant tout le film.
Et quand le mot FIN apparait à l'écran, vous vous demandez ce que vous venez de voir, et n'avez qu'une envie, c'est de le revoir ! )
J'ai été moins séduit par son film suivant (BLACK DEATH), mais Christopher Smith est clairement le réalisateur à suivre.
Pour info: le bluray de TRIANGLE vient de baisser de tarif (-10€), c'est le moment de craquer pour ce petit chef d'oeuvre qui sera rentable car vous ne le regarderez pas qu'une fois... croyez moi !
iClems 11-07-2011
Article intéressant, comme le film d'ailleurs mais trop de points me derange pour affirmer que c'est un bon film... Déjà et ça m'étonnerait que cela soit une coïncidence le film emprunte énormément au film Time crimes sortit en 2007, c'est assez flagrant et notamment le coup du sac sur la tête. De ce fait je compare forcement les deux films et malgré une belle photo ( même si le peu de cgi pique les yeux) et une bonne réalisation Time crimes sur le même theme et avec un budget encore 100 fois inférieur est nettement meilleur que triangle et bien plus intelligent. En plus je trouve que l'actrice principale surjoue parfois un peu trop. Bref un film pas mal, a encourager mais d'autres avec moins de moyen on fait bien mieux sur le même theme et de sont fait grossièrement recopiés sur certaines idées.
anonymous mysterious 06-07-2011
énorme un talent à découvrir.
Pour ceux qui critiquent, tentez de résoudre son énigme comme lui l'a fait.
On en redemande.
CybeRez1st 29-06-2011
Bah oui c'est n'importe quoi ce truc. C'est "Un jour sans fin" version triangle des bermudes. Franchement pas terrible et très vite lassant. Et que dire de la fin...
tom 20-06-2011
Film ennuyeux et répétitif à mon gout.

 

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