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Critique Ultimate Game

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Débarrassé d’une quelconque volonté d’opérer dans un registre un tant soit peu rationnel, Hyper Tension avait su outrepasser les frontières du film d’action classique pour s’imposer comme un métrage décomplexé. Propulsés en un unique film écrasant les poncifs en élèves appliqués d’une nouvelle école nourrie aux jeux vidéos, Mark Neveldine et Brian Taylor persistent aujourd’hui dans un mauvais goût volontaire et assumé pour poser sur pellicule Ultimate Game, excroissance naturelle d’un univers mêlant l’esbroufe visuelle du clip à la narration explosive des actionners de dernière génération. Nerveux et ultra-bourrin, leur dernier coup d’éclat se révèle parallèlement jouissif au possible. Une expérience du cinéma 2.0 qui imprime la rétine de séquences épileptiques avec une frénésie bien marquée.

 

 

Ultimate Game est l’exemple parfait du film inclassable par excellence. Si la dynamique perpétuelle de l’ensemble rappelle indéniablement les dérives d’Hyper Tension ou de Shoot’em Up, Neveldine et Taylor laissent pourtant ici libre court à un délire toujours plus total et greffent à leur dernière création une aura résolument SF. Leur amour du jeu-vidéo s’exprime à cette occasion enfin pleinement à travers un script complètement barré et aux antipodes de toute notion de rationalité : dérivant le principe des Sims vers une notion d’univers virtuel plus terrifiante, les cinéastes imaginent un monde ultra-violent au sein duquel des condamnés à mort téléguidés par des gamers sur-connectés s’entretuent dans des combats diffusés en direct sur les écrans du monde entier. Si l’idée de ces gladiateurs des temps modernes ne s’avère pas réellement novatrice dans le fond - Death Race ou Rollerball adoptaient en leurs temps des développements similaires -, le pitch n’est que prétexte pour Neveldine et Taylor à une approche cinématographique dopée à la testostérone et habillée d’un second-degré de tous les instants. Logiquement décrié par les bien-pensants adeptes d’une vision purement artistique du septième art, Ultimate Game est la parfaite manifestation du plaisir coupable. Témoignage brut d’Entertainment à américaine, le film de Neveldine et Taylor adopte une narration vidéo-ludique outrancière au possible, posé sur bobines avec l’unique souhait d’exploser tout ce qui présente devant l’objectif. Ultimate Game s’épanche dans ce sens dans un festival visuel de pétarades et de destructions massives, le métrage multipliant les tueries déjantées sur une rythmique furieuse bardée dès les premiers plans de saturations heavy-metal. Fantasme de geek refoulé, l’œuvre de Neveldine et Taylor s’autorisant les débordements  les plus régressifs avec un plaisir non dissimulé.

 

 

Aux horizons cybers-punk dessinés par leur univers futuriste et déshumanisé, les deux cinéastes greffent une dimension sexuelle particulièrement prononcé. Ultimate Game affute son aspect le plus déviant en couplant à l’ultra-violence de ses indénombrables fusillades un érotisme quasi-sadomasochiste, conséquence presque inévitable de la corruption de la sociétés dans laquelle le jeu prend vie. Sans limites, le sexe et la vulgarité donnent corps à un univers au bord de l’implosion, dominé par les fantasmes et la folie de décideurs aux positions résolument individualistes. Si l’ensemble flirte parfois à l’extrême limite d’un machisme puant, le film parvient pourtant à s’emballer d’un aspect tordu des rapports humains qui épouse à merveille la forme apocalyptique d’un message visant dénoncer la finalité de réalités alternatives dangereuses. Au delà de ses contours sévèrement burinés de film d’action sur-vitaminé, Ultimate Game dresse un portrait au vitriol d’une génération abrutie par les écrans et des désastreuses conséquences engendrées par le processus de vie par procuration. L'ensemble mitraille notamment sans ménagement la télé-réalité en greffant son fonctionnement au jeu Slayers, les avatars de chair et d’os ici contrôlés par les gamers déchainant les passions sur écrans géants. L’occasion pour les cinéastes de mettre en exergue les manipulations opérées par les puissances médiatiques ainsi que l’aspect voyeuriste de la nature humaine. Si la critique ne s’avère pas toujours adroite, en particulier en raison d’un traitement aux traits parfois grossiers, Neveldine et Taylor parviennent à insuffler en arrière-fond un constat moins éloigné de l’actualité qu’il ne pouvait paraître de prime abord.

 

 

Malgré ses quelques ébauches contestataires vis à vis des MMORPG*, le script Ultimate Game reste avant tout d’avantage prétexte à poser sur pellicule un métrage furieux, et n’éloigne en rien ses géniteurs de fondamentaux bien personnels. Neveldine et Taylor adoptent en ce sens une forme calquée sur leur première production, le musclé Hyper Tension. Tout aussi furibond dans sa réalisation, Ultimate Game enquille les plans avec une vélocité rythmique particulièrement soutenue et s’autorise un montage clipesque cultivant la notion de séquence épileptique en maitre-étalon. Bien que le tout s’avère un brin fatiguant sur la longueur, le concept fonctionne et confère à l’aspect déjanté des images la frénésie nécessaire. Excitant dans sa forme, relativement attrayant par son fond, Ultimate Game complète le tableau en se parant d’un casting plutôt efficace. Si Gerard Butler enfile l’uniforme de combattant du futur sans réel éclat de génie et évolue en mode automatique avec un charisme qui lui est propre, le talentueux Michael C. Hall - Dexter - offre pour sa part un festival de schizophrénie débridée dont il s’est désormais fait spécialiste. Convaincant dans la peau de l’adolescent attardé et machiavélique à l’origine des avancées en matière de réalité virtuelle, l’acteur campe un manipulateur particulièrement expressif, parfois à la limite de la caricature burlesque, et pour une fois plus apte à nuire avec son esprit qu’à l’aide de la force brute. Plutôt bien trouvé.

 

 

Sans donner naissance à une révolution en matière d’actionner US, l’effet de surprise étant en partie gommé par un emballage proche de l’excellent Hyper Tension, Mark Neveldine et Brian Taylor se  fendent avec Ultimate Game d’un divertissement réjouissant. Une déconnexion d’une heure trente relativement décalée mais parfaitement calibrée.

* MMORPG : Jeu de rôle en ligne massivement multijoueurs basé sur la contrôle et l'évolution d'un avatar virtuel. Le monde dans lequel évolue le joueur est en perpétuelle évolution grâce aux actions de ses participants sur le réseau. Les dernières estimations feraient état de près de 50 millions de joueurs régulièrement connectés.

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