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Critique Under The Skin

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Attention, œuvre métaphysique à l’horizon. Réalisateur torturé et dérangé par excellence, Jonathan Glazer est l’un des plus ardents défenseurs d’un cinéma de l’anticonformisme. Fort d’une filmographie succincte – trois films en treize ans –, l’homme n’a rien du faiseur frénétique, et divise logiquement les opinions depuis son premier essai. Longuement confiné au statut de simple projet en gestation, Under The Skin s’appuie sur l’aura magnétique d’une Scarlett Johansson hissée sex-symbol des années 2000. La présence de l’actrice ne changera pourtant en rien l’approche du cinéaste, qui livre un objet filmique complètement barré, encensé par la presse française malgré un fond soporifique au possible.

 

 

Under The Skin est adapté d’une nouvelle de Michel Faber dans laquelle un couple d’extraterrestres voyage à travers l’écosse en se nourrissant d’humains. Jonathan Glazer en récupère ici les grandes lignes, déséquilibre la balance en faveur du protagoniste féminin et en adopte le point de vue. Ce dernier capture donc un long-métrage quasi-expérimental, l’appellation d’objet filmique non identifié prenant tout son sens à travers une séquence initiale qui pose les bases du métrage. Under The Skin est un projet hautement « arty », dénué de toutes concessions commerciales. Glazer aborde son travail comme une peinture contemporaine, en délaissant les schémas préconçus, toute grammaire cinématographique habituelle. L’ensemble mise de ce fait majoritairement sur sa dimension sensorielle que sur un véritable fil conducteur. Under The Skin ne raconte en effet pas grand-chose, et exfolie tout rebondissements faciles. Les plus réfractaires y chercheront probablement même un semblant de climax, tant Glazer s’évertue à accumuler les longues tirades contemplatives et minimalistes.

 

 

Glazer témoigne certes d’une certaine sensibilité artistique. Under The Skin se risque en effet à certains choix plutôt audacieux. Le cinéaste capture une majorité de ses séquences en caméras cachées – la fameuse GoPro est utilisée de manière inédite –, ce dernier laissant place à l’improvisation en offrant à Johansson l’occasion d’évoluer incognito dans la foule. Under The Skin s’habille d’une réalisation docu-fiction particulièrement réaliste et crue, qui répond plutôt bien à l’étrangeté du déroulé. Si les hommes n’occupent dans l’œuvre qu’une position accessoire, Scarlett Johansson s’abandonne totalement dans le projet et livre l’une des prestations les plus troublantes de sa carrière. L’interprétation est passionnante, la forme intrigue. L’ensemble peine pourtant à convaincre. Car si certains verront dans ce Under The Skin une mise en abyme fascinante de l’ambivalence et de la puissance féminine, les autres définiront le film par un imbuvable trop plein de vide. Entre détracteurs et admirateurs, le fossé semble presque infranchissable. C'est probablement là l'objectif recherché par Glazer, qui se réjouissait des réponses épidermiques constatées lors des premières projections de son œuvre.

 

 

Under The Skin a été hué lors de son avant-première à la Mostra de Venise. On pourra aisément comprendre une telle réaction. Le film de Jonathan Glazer fait preuve d’une lenteur accablante, presque pénible. La gestuelle est calibrée au millimètre près, l’éclairage longuement étudié, les dialogues distillés avec rareté – l’introduction se déroule sur quinze minutes sans le moindre échange verbal –. Le pourquoi du comment restera pour sa part à la libre interprétation. Under The Skin n’évite pas l’écueil de l’œuvre hermétique, ultra-répétitive, presque prétentieuse. Glazer fait appel à la sensibilité profonde de chacun, et prend le risque de laisser les spectateurs de marbre. Voire de les perdre dans les limbes de l’ennui profond, et ce malgré une indiscutable harmonie image / son qui témoigne d’une réelle maestria.

 

 

Under The Skin est une œuvre abstraite. Bien que doté d’un script simplet et dépouillé, le film s’épanche dans un déroulé tarabiscoté et nébuleux. Véritable coup de génie d’un cinéaste visionnaire ou projet pseudo-élitiste rébarbatif ? On aura plus volontiers envie d’afficher notre préférence pour la seconde définition.

 

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Combien font : 98-6

Votre réponse :

lemfra 01-09-2014
Moi, je me suis glissé avec délice dans la peau de l'extraterrestre
UTS 24-08-2014
Dommage, je penchais pour la première définition moi.

Mani 11-08-2014
Je ne sais pas ce qui a été le plus long et le plus dur à suivre: le film ou la critique ?

 

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