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Critique Unfriended

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Le géant Universal fait désormais les yeux doux à Jason Blum. Producteur expert lorsqu’il s’agit d’assurer une rentabilité maximale à un produit horrifique de seconde zone, ce dernier déroule avec Unfriended le concept plus crétin de l’année : un film d’épouvante sur écran d’ordinateur, les machines étant possédées par une âme perdue et malveillante. Si l’idée a de quoi terrifier les aficionados de cinoche arty et léché, Blum livre un métrage estivale dont l’enveloppe budgétaire se veut encore plus resserrée que les found-footages qui pullulent sur la catalogue Blumhouse. Tout en s’assurant de toucher une jeune génération avide de réseaux sociaux et de frissons faciles.

 

 

La sortie d’Unfriended a de quoi interroger sur la définition même de long-métrage. Si l’œuvre pourra aujourd’hui adopter des formes diverses et variées, beaucoup s’accorderont sur le fait que l’ensemble se doit de transmettre des émotions. Blum est pour sa part détaché de toute préoccupations artistiques : ce dernier fait du cinéma à la chaine, point. Unfriended répond en ce sens au strict cahier des charges made in Blumhouse : le métrage n’a absolument rien couté, est shooté par un yes-man interchangeable – le newcomer Léo Gabriadze – et s’appuie sur un casting de jeunes acteurs inconnus au bataillon. Mieux, ce « Blair Witch 2.0 » parvient à faire l’économie de costumes et de décors. Du véritable pain béni pour les producteurs, parmi lesquels se range pourtant un Timur Bekmambetov d’ordinaire adepte des prouesses visuelles. Le spectateur voit donc ici à travers les yeux de Blaire, une adolescente lambda plongée en pleine session de tchat avec quatre amis. Alors que la conversation bat son plein, le groupe est ciblé par un « hacker démoniaque » qui leur reproche le suicide d’une camarade de classe. Unfriended sort dès lors le coktail usité : phénomènes paranormaux, révélations pseudo-maousses et jump-scares peu efficaces. Le tout sur fond d’hystérie collective et de clichés éculés.

 

 

Le métrage de  Léo Gabriadze pourrait être perçu comme une œuvre expérimentale next-gen par excellence, si le choix de n’afficher que ce que propose l’écran d’ordinateur de Blaire s’accordait à un bon usage de la suggestivité ou à une quelconque recherche de puissance narrative. Unfriended répond malheureusement avant tout à une logique de produit low-cost dont la pauvreté formelle fait écho à la médiocrité du fond. L’ensemble aurait pu donner dans la critique sociale, notamment concernant l’aspect intrusif / nocif des réseaux connectés. C’était oublier la politique lisse et impersonnelle imposée par Blumhouse. Affreusement morne et répétitif, le film se profile comme un Paranormal Activity du pauvre – il fallait le faire – au cours duquel les fenêtres se multiplient de manière quasi-insupportable. Unfriended s’adresse en effet aux ados sur-connectés capables de suivre dix fils de conversation tout en multipliant les activités annexes – mater un film, parcourir un jeu-vidéo ou consulter tous les réseaux sociaux possibles et inimaginables –. Les autres auront par conséquent toutes les peines du monde à supporter ce « divertissement » qui vire rapidement dans l’illisibilité la plus totale en demandant au spectateur de sauter constamment d’un mini-écran écran à l’autre, voire de se coltiner des conversations splittées ultra-bordéliques au cours desquelles tout le monde hurle dans sa fenêtre et rédige sur le tchat en même temps. Gerbant.

 

 

Il reste en ce sens difficile de parler d’un véritable effort de réalisation, Unfriended fonctionnant davantage sur des astuces de montage que sur une étude rigoureuse de l’esthétique ou du cadrage. Exceptions faites de deux-trois séquences gores assez marrantes, Gabriadze s’affranchit d’un minimalisme notable en capturant ses acteurs en webcam full-frontal pixélisée. Beurk. Ces derniers font d’ailleurs le job sans sourciller. Unfriended ne laissant à chacun qu’un espace d’expression plus que réduit – personne n’est jamais présent en « plein écran » –, les cinq jeunes traversent le métrage sans parvenir à créer la moindre empathie. Dommage : de loin, la jeune Shelley Hennig semble bien mignonne.

 

 

Unfriended ou le culte du vide. S’appuyant sur l’un des pires idées de l’année, le métrage pédale dur et réussit l’exploit d’être extrêmement fatiguant alors que le cadre reste désespérément figé. Une véritable torture pour les plus de dix-huit ans.

 

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