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Critique Urge

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La drogue, c'est mal. Nos gouvernements ont beau s'acharner à le répéter à grands renforts de campagnes chocs, les jeunes s'évertuent à s'abandonner dans les paradis officiels. Alors quand même le dandy Pierce Brosnan, Bond désormais retraité et fantasme de la ménagère, se met à vanter les mérites de la défonce, rien ne va plus. Désormais un poil paumé dans les actioners / thrillers à petits budgets et aux qualités artistiques plus que diverses – November Man pour le meilleur, Survivor pour le pire –, l'ex-007 cachetonne dans Urge, étrange produit transgenre mais tout à fait raté. Aaron Kaufman signe ici sa première réalisation après avoir accompagné Rodriguez sur la production de quelques grosses séries B dont il a le secret – Machete et Machete Kills notamment –, mais s'embourbe dans une narration bordélique et peine à pousser son délire cinématographique jusque dans les limbes du politiquement incorrect.

 

 

Le concept affiché par Urge est vraiment cool, l'idée de départ étant propice à un produit bien déjanté. Débarqués dans une somptueuse villa pour le week-end, six jeunes blindés de thunes s'aventurent dans une boite de nuit avec l'espoir de s'atomiser le crane de substances prohibées. Le « Volcano » s'avère être un pur lieu de débauche et de décadence, à mi-chemin entre club échangiste et dancing clandestin. Chauffé à blanc par l'ambiance survoltée de la soirée, le groupe se laisse convaincre d'essayer une nouvelle drogue baptisée « Urge ». Un sésame pour le plaisir dont l'unique règle est aussi simple qu'impossible à respecter : l'expérience doit rester unique. Alors qu'ils multiplient les shoots au cours des heures qui s'écoulent, les consommateurs vont rapidement voir leurs comportements changer et leurs inhibitions disparaître, notamment en ce qui concerne la violence. Aaron Kaufman ouvre donc grand le champ des possibles, et parvient au cours de sa phase d'exposition à installer une ambiance hypnotique, sexuelle et parfaitement tendue. Ultra-rythmé, presque assourdissant, tirant avec brio vers une esthétique cabaret / grand guignol – les décors / costumes de la boite de nuit sont excellents –, le métrage déroule la promesse d'un gros bis sans concession. Le genre de truc complètement pété à savourer en seconde partie de soirée. Essai manqué. Bien qu''intéressant dans son premier tiers, le métrage s’abandonne par la suite dans le thriller nazbroque, Kaufman lissant par ailleurs scandaleusement tout érotisme / brutalité afin de ratisser le plus large possible.

 

 

Au delà de son aspect parfaitement inoffensif, Urge affiche par ailleurs une construction narrative étrange en deux actes bien distincts. Alors que la première partie du métrage se montre assez barrée visuellement, la phase de « descente » pendant laquelle les protagonistes prennent conscience de la dangerosité du stupéfiant se vautre dans tous les poncifs du film de suspense DTV. C'est plat et désespérément conventionnel, en plus de trébucher à de multiples reprises dans les retournements crétins et abracadabrantesques. Passe encore que l'ensemble des adeptes du nightclub soient des adeptes de la drogue Urge, mais que la quasi-totalité de la population du village en soit dépendant semble légèrement too-much. Surtout lorsqu'il s'agit de la grosse et vieille patronne du salon d'esthétique, ignoble dondon bigoutée qui n'a dans tous les cas aucune chance de pouvoir s'intégrer parmi la foule bien huilée et libidineuse du fameux Volcano. Urge laisse dès lors transparaître le sentiment d'un métrage au scénar' bricolé / retouché en cours de route, certains synopsis disponibles sur la toile faisant mention d'une expérience menée par le gouvernement sur la population d'une commune rurale et non d'une drogue vendue en boite de nuit. Cette approche initiale expliquerait en effet de façon bien plus convaincante les événements du run final et l'hostilité soudaine des péquenots du coin. En l'état actuel, Urge se voit torpillé par des enchaînements d'événements sans queue ni tête que le cinéaste tente de noyer en floutant les frontières entre rêve et réalité. Le tout sans jamais apporter un semblant d'élément de réponse vis à vis des motivations du type – Brosnan – à l'origine de la came. Laisser la porte ouverte à la libre interprétation et opter pour une fin ouverte est souvent significatif d'un véritable questionnement, voire d'un fond philosophique complexe – Lynch est à ce titre l'un des meilleurs artisans du mind-fuck cinématographique –. Dans le cas de ce Urge, il s'agit clairement d'un choix de facilité. Pour ne pas dire de l'unique solution possible, tant le réal' peine à conclure.

 

 

Techniquement, Urge est à l'image de sa narration. Le métrage est en effet tout autant bourré de bonnes idées que de séquences impersonnelles. Très inégal, le travail de Kaufman est particulièrement soigné lorsqu'il s'agit de retranscrire certaines scènes de défonce, bien que l'on aurait aimé que ce dernier pousse plus loin la dimension sexy de l'entreprise, mais terriblement passe-partout et triste le reste du temps. Urge ne parvient de ce fait jamais à s'extirper de la case « thriller vidéo à petit budget » qui condamne souvent bon nombre de projets aux diffusions tardives sur les chaînes câblées. Dommage. Rien de bien transcendant également côté casting. Brosnan cachetonne comme un cochon et surjoue le ouf de service, mais la ravissante Ashley Greene – Burying the Ex – et Justin Chatwin sont tout à fait corrects. Leurs compagnons de jeu sont absolument transparents.

 

 

Prometteur sur le papier, Urge ne parvient malheureusement jamais à transcender son idée initiale pour se profiler comme le divertissement allumé et furieux que le spectateur était en mesure d'attendre. Bancal et malheureusement très classique, le métrage n'est qu'un DTV de plus. Et un véritable point noir sur le CV de Pierce Brosnan. Aux oubliettes, vite.

 

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