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Critique Vendredi 13

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Y'avait ce petit garçon. Un chic p'tit gars qu'était venu avec sa mère pour passer les vacances d'été au Camp Crystal Lake en 1957. Le pauvre petit s'est noyé dans le lac au grand désespoir de sa maman. On dit que c'est la faute de ses moniteurs qui ont pas fait assez attention. C'est ce que sa mère a toujours soutenu, mais personne n'en a pris compte. Vous savez, ce choc l'a bien secoué, elle en a presque perdu la tête et personne ne peut l'en blâmer. Quoi qu'il en soit, ce triste accident a été le départ d'une série de disparitions et de meurtres étranges l'année suivante puis durant les années 80. Des morts atroces, toutes plus horribles les une que les autres, y'en a eu des paquets, si bien que le camp est définitivement fermé depuis le temps - quelques inconscients bravent souvent l'interdiction pour venir y fricoter, mais n'y font pas long feu -. Beaucoup de théories ont circulé à propos de ces meurtres. On raconte même que c'est le fantôme du petit garçon qui est revenu pour se venger, mais personne n'a encore pu élucider ce mystère. Bref, son nom à ce p'tit gars c'était Jason. Jason Voorhees. Et ceci est son histoire.

 

 

Il est de bon ton de dire, en parlant d'une franchise du cinéma, que c'est l'accueil favorable du public qui a fait qu'une ou des suites aient été envisagées, et que « personne » parmi l'équipe ne s'attendait à un tel succès, ni n'avait en tête de faire des séquelles. Pour le cas de la saga Vendredi 13, la démarche n'a rien d'aussi spontanée. Sean S.Cunningham, réalisateur et producteur de la série, avait clairement en tête l'envie de surfer sur le succès d'Halloween - La Nuit des Masques - d'un certain John Carpenter, sorti en 79 - en produisant un film qui irait encore plus loin dans l'angoisse et qui resterait gravé dans les mémoires. Il a déjà un titre qui, pense-t-il, sonne bien : Vendredi 13, et un Logo, le célèbre 13 en relief qui explose une vitre. Cunningham, très prévoyant, commencera même par poster une pré-affiche avec ce titre et ce logo dans  le journal Variety - une affiche qui annonce sans complexes Vendredi 13 comme « le film le plus terrifiant jamais réalisé » - pour être sur que personne n'en détenait les droits - ce fut le cas, mais l'affaire a été réglée à l'amiable -. Une fois la machine sur les rails, le script fut goupillé par Victor Miller, qui ne cachera pas non plus avoir largement puisé dans Halloween. Miller saura cependant trouver une variante extrêmement intéressante et originale en situant l'action dans un camp de vacances - il inventera pratiquement tout un sous genre : le Backwood Slasher - mais aussi en insérant un twist inattendu concernant l'identité de son tueur. Le reste n'a été que pure formalité et au vu du résultat on ne peut que féliciter Cunningham pour son flair incroyable : il sera l'heureux papa de l'une des francises les plus connues et les plus prolifiques du cinéma d'horreur.

 

 

Pourtant, à regarder ce premier épisode, un constat saute aux yeux : si Cunningham est un petit futé pour le marketing / packaging et autres noms « corporate » en ing, il pousse tout de même l'optimisme un peu trop loin en s'adjugeant le poste de réalisateur. Un choix malheureux qui aurait pu tuer la franchise dans l’œuf tellement sa réalisation se révèle plate et impersonnelle. Tout au long du film, il ne fera que se reposer sur son scénario - déjà assez maigrichon - en enchaînant les scènes quasi mécaniquement et un peu par dessus la jambe. Il s'en fout et il a raison, ce n'est pas comme s'il se passait grand chose dans ce film. Les ados fument du shit, se désapent pour un oui ou pour un non, mais surtout, et c'est ce qui nous intéresse, se font trucider en masse. Un canevas certes simpliste mais auquel il fallait penser, parce qu'il servira de mètre étalon pour tous les slashers à venir - et des enfants illégitimes, Vendredi 13 en aura à la pelle -. C'est donc un peu dommage que la réalisation n'ait pas été à la hauteur des ambitions affichées et l'on se surprend à penser à ce qu'aurait donné le film avec un réal plus aguerri. Malgré cette déconvenue, quelques points positifs demeurent, le premier - que l'on doit principalement au scénario, il est vrai - étant le ton du film, qui lorgne beaucoup plus vers le giallo que vers l'horreur puisque, jusqu'au bout, l'identité du tueur reste secrète et ne sera dévoilée que dans un final expéditif et inédit. En effet, on a trop tendance à l'oublier, mais dans ce premier opus, le tueur n'est pas notre ami Jason - qu'une version française débile appellera Jacky - mais bien sa maman tarée. Un choix couillu donc qui ajoute à l'originalité de l'oeuvre et sert de prélude au mythe de Jason.

 

 

Un homme pourtant fera toute la différence, et s'il ne fallait choisir qu'une seule star du film ce serait lui : Tom Savini. Nul besoin de le présenter, ce magicien des maquillages, à l'époque fraîchement sorti de Zombie de Romero est pour beaucoup dans le succès public de ce premier Vendredi 13. Palliant à une réalisation morne, ce sont ses maquillages et ses effets spéciaux qui donneront au film un aspect hautement fun : tous les dézinguages  sans exception seront des morceaux de bravoure généreux en ingéniosité et en hémoglobine. L'autre bonne idée du film a été de varier les morts et les objets prodiguant cette mort, une règle qui sera appliquée à la lettre au gré des suites. C'est un massacre en règle auquel nous avons droit, que ce soit un coup de hache dans la gueule, une flèche en travers de la gorge - oui, c'est bien Kevin Bacon dans ses tous premiers rôles -, un étripage à la machette ou encore, le clou, une superbe décapitation et une tête qui roule dans un final en apothéose. Du grand art. L'apport de Savini ne se limite pas seulement à ses qualités de maquilleurs, il aura aussi cette idée de génie - inspirée du Carrie de Depalma - un peu par blague, mais dont il s'est empressé de faire part à l'équipe : et si on faisait revenir Jason des tréfonds du lac ? Bingo: la scène est un électrochoc qui a le double mérite d'offrir une fin ambiguë - s'agissait-t-il d'un rêve ou d'une réalité ? - et ouverte à toutes les spéculations - et à toutes les suites -. Enfin, on ne peut pas clore cette chronique du film sans parler du fameux score signé Harry Manfredi, devenu instantanément culte grâce à son Tch-Tch-Tch-Tch-Ha-Ha-Ha-Ha reconnaissable entre mille. Un thème musical qui constitue l'un des tous premier piliers de cette saga en devenir.

 

 

Pris isolément, ce Vendredi 13 n'est rien d'autre qu'un slasher  tout juste moyen qui a très mal vieilli, mais qui peut procurer un certain plaisir régressif au visionnage. A ce titre, il faudra plus y voir un  prologue à la saga qu'un premier épisode à proprement parler. Il faudra attendre l'année suivante pour la suite du film, qui lance la saga Vendredi 13 en grande pompes. Mais ça, c'est une autre histoire.

 

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