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Critique Vertige

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Bien avant le début du tournage, Abel Ferry témoignait d’une volonté bien marquée de livrer avec Vertige une œuvre se démarquant du simple survival vers lequel son script semblait pourtant inexorablement l’orienter. Supervisé par le géant Gaumont, le métrage aurait en effet pu tendre vers un honnête duplicata de La Colline à des Yeux, bombe hard-boiled capturée aux Etats-Unis par un Alexandre Aja expatrié. Ferry confère pourtant à son premier long un climat tout autre et impose avant tous ses idées. Mieux, ce dernier parvient du même coup à transcender un simple projet de commande en œuvre personnelle, exaltante et... Vertigineuse. Une véritable leçon de maitrise pour un cinéaste jusque ici  inconnu et abonné aux formats courts.

 

 

Fait assez rare pour être souligné, Vertige fusionne avec brio petit budget et grandes ambitions. Bien qu’articulé autour d’un scénario déjà exploité à maintes reprises, Vertige parvient pourtant à se défaire des poncifs du genre au profit d’une construction originale et d’une ambiance unique. Si le métrage laissait de prime abord présager de l’éternel affrontement des protagonistes face à l’humanoïde difforme et oublié de la civilisation, le pitch de base reste pour Abel Ferry d’avantage prétexte à poser sur bandes un film d’aventure qu’à multiplier les séquences inutilement gores. Faisant fis de tout aspect commercial,  le cinéaste monte son projet en deux actes bien distincts, accouchant dans une première moitié d’un assemblage de séquences d’ascensions vertigineuses à souhait. Bien que dans un premier temps dénué de toute menace véritablement physique, Vertige impose son décor en ennemi absolu, Ferry instaurant à ses plans une tension palpable en capturant une ribambelle d’accidents plus vrais que nature. A travers une succession d’images de haute volée, le jeune réalisateur parvient à transmettre toute la dangerosité de la situation, et capture impeccablement la peur viscérale du vide dont témoignent ses protagonistes, égarées sur une via ferrata délabrée. La prouesse technique et le réalisme des situations  tient autant à une réalisation qui évite soigneusement les effets de styles modernes qu’aux différents facteurs artistiques pour lesquels a opté Abel Ferry. Entièrement capturé en décor naturel, Vertige se voit sublimé par un format scope superbe permettant d’accentuer la verticalité des décors par la largeur des images. Filmé à flanc de montagne, le métrage se pare de ce fait de plans à la profondeur de champ inédite qui amènent à un état de nervosité ininterrompue - la traversée du pont, impressionnante -. Spectaculaire et enivrant, Vertige perd pourtant de son impact et prend la direction des sentiers battus dès l’arrivée volontairement tardive de sa figure plus conventionnellement hostile.

 

 

Illusoirement sauvés, les protagonistes s’engagent dès lors dans la sempiternelle course à la vie, ces derniers se voyant rapidement décimés par l’homme des bois attardé et cannibale. Si l’ensemble évoque subitement Massacre à la Tronçonneuse ou Détour Mortel, Ferry évite de justesse la mention copycat en évitant de sombrer dans une brutalité gratuite qui n’aurait pas manquée de marquer la cassure avec sa longue séquence introductive. Vertige reste cependant un métrage poisseux et tendu, mais préfère avant tout miser sur une suggestion efficace que sur une violence graphique et tape à l’œil. En témoignent les meurtres dans la pénombre, uniquement matérialisés par le son. Bien que risquée, cette volonté de se détacher d’une norme actuelle misant d’ordinaire sur le « toujours plus » permet à Vertige de partiellement conserver son ambiance initiale et de ne pas témoigner d’un effet de rupture trop abrupt entre deux actes pourtant bien différenciables. Malgré tout, le développement du métrage n’est pas exempt de défauts, et si la technique demeure en tous points irréprochable, quelques clichés s’insinuent furtivement dans le canevas scénaristique. Trop brièvement esquissé, le personnage d’Anton se profile ainsi en carence ultime du métrage, ce dernier cumulant trop d’éléments typiques du survival en forêt - enfance malheureuse, maltraitances, langage limité -. Heureusement, Ferry limite le passif du protagoniste à quelques vestiges parsemés de ci et là, préférant tabler sur l’imaginaire plutôt que sur les traditionnels flash-backs.

 

 

Si la virtuosité de cette escapade en haute montagne demeure légèrement moins flagrante dans cette conclusion, Vertige se voit par ailleurs porté par un casting de jeunes talents qui renforce encore d’avantage le réalisme du métrage. Lancés sur une véritable via ferrata, les acteurs vivent la peur des personnages qu’ils incarnent, le sentiment habitant encore d’avantage un premier acte jubilatoire. Malgré des conditions que l’on imagine légèrement plus confortables, la seconde partie ne dépareille pourtant à aucun moment en matière de direction d’acteurs, tant Abel Ferry se complait à plonger ces derniers dans les pires conditions imaginables. Transis par le froid et la pluie, chacun retransmet à l’écran le meilleur de soi-même, à commencer par une Fanny Valette qui habite son rôle avec sincérité et sensibilité. Héritant de la personnalité la plus creusée et complexe, seul Johan Libérau semble légèrement forcer sur les trais d’un personnage partagé entre amour et survie, intéressant dilemme qui aurait pu se voir confiné d’une plus grande authenticité. La prestation du jeune acteur demeure cependant convenable, et en partie aidée par des retournements de situation qui renforcent sans grand effort ses traits de caractère les plus détestables.

 

 

Si Vertige n’est pas un film totalement parfait, il n’en reste pas moins l’une des plus grandes réussites du film de genre made in France de l’année 2009. Se jouant habillement des codes et des idées préconçues, le premier long-métrage d’Abel Ferry est un joyau puissant, qui s’impose aussi bien par son impressionnant travail esthétique que par la justesse de son interprétation. Une excellente surprise.

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Votre réponse :

TAGADA 24-06-2013
j'ai adoré ce film, meme si j'ai eu quelques frayeurs - normal pour un film d'horreur ; je partage complètement le point de vue de Ben.

 

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