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Critique Visions

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Kevin Greutert a tranquillement gravi les échelons de l’empire Blumhouse. Monteur sur la franchise Saw, ce dernier aura pris les rênes des deux derniers épisodes. Cinéaste sans prétention autre que celle de faire correctement son boulot, Greutert reste un pur artisan de la petite prod’ du dimanche soir. Son Jessabelle se profilait à ce titre comme un film de trouille relativement banal mais bien tenu. Articulé sur une trame scénaristique similaire, Visions présente les mêmes ambitions. Sans pour autant parvenir à témoigner d’une réelle efficacité dans la construction de son suspense.

 

 

Les films supervisés par l’épileptique Jason Blum se suivent et se ressemblent. Visions affiche sans grande surprise les éléments typiques du divertissement torché à la va-vite. Greutert emballe un film purement commercial, déjà-vu et terriblement impersonnel. Inscrit pile-poil dans la mouvance « thriller surnaturel / ghost-story pseudo-flippante » qui va bien, le métrage recycle une énième fois les schémas usités imposés par des classiques comme Poltergeist ou Amityville. Le cadre est brossé en deux-trois séquences d’exposition : un jeune couple emménage dans un nouvelle maison, Madame est enceinte et se trouve rapidement confrontée à des apparitions diverses, Monsieur n’en croit pas un mot. Des chaises bougent, des fenêtres explosent, des voix résonnent de ci et là. Passionant. La pauvre Eveleigh n’a donc plus vraiment le choix : il lui faut percer le terrible secret des lieux afin d’espérer pouvoir vivre pépère. Les scénaristes L.D. Goffigan et Lucas Sussman ne s’emmerdent pas plus que de raison et livrent une copie bien faisandée d’un concept vu et revu, les deux lascars réduisant les personnages au maximum – du pain béni pour le comptable Jason Blum, qui produit l’ensemble pour trois cacahuètes – et ne poussent l’effort d’écriture que dans le choix du lieu, à savoir une exploitation viticole. Difficile dès lors pour Greutert de changer le plomb en or.

 

 

Visions déroule péniblement cinquante minutes de vide intersidéral. Le film brasse de l’air sans jamais parvenir à installer un semblant d’ambiance, voire même à esquisser des personnages légèrement attachants. Il y avait pourtant matière à développer quelques axes intéressants, notamment en ce qui concerne les névroses d’une jeune fille hantée par un récent accident routier. Greutert privilégie pourtant les effets faciles, ce dernier enquillant les séquences gentiment tendues en abusant de jump-scares honteux, mal branlés et prévisibles au possible. Exfolié de climax digne de ce nom, Visions fait preuve d’une hallucinante monotonie malgré un timing ultra-resserré – 1h20, difficile de faire plus court –. Le run final rattrape un peu l’entreprise en dévoilant un double-cliffhanger assez bien pensé. Le cinéaste manque pourtant de punch, de générosité voire tout simplement d’envie afin de redresser la barre totalement. Téléphoné et dépourvu de tension, le film n’impose aucune empathie pour ses protagonistes, que l’on sent presque à l’abri du danger sur toute la longueur. Alors que certains cinéastes ont su faire d’idées simples des œuvres à l’intensité crescendo – Alejandro Amenábar sur Les Autres, James Wan avec Insidious –, Greutert livre un truc désespérément mollasson. Beurk.

 

 

Visions tient la route sur le plan formel. A la fois monteur et réalisateur, Kevin Greutert remplit sa mission sans sourciller. Sa réalisation reste cependant fonctionnelle, sans éclat, d’une hallucinante platitude. Le casting navigue pour sa part entre le bon et le très mauvais. Eva Longoria campe ici un personnage d’arrière-plan fantomatique et inutile, à l’instar de la quasi-totalité des seconds couteux engagés sur le projet. Isla Fisher – une mignonne quarantenaire que le cinéaste cherche à vendre comme une jeune femme pimpante – s’en sort mieux sans pour autant crever l’écran.

 

 

Conformiste, pas gore pour un sou et peu effrayant, Visions est un film absolument inutile. Un de plus sur le catalogue de Blumhouse Pictures. Kevin Greutert confirme définitivement son statut de « yes-man » mais manque complètement son objectif en livrant une série B chiantissime. Au suivant.

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