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Critique White Bird

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Gregg Araki a une approche du cinéma bien à lui, une identité visuelle immédiatement identifiable. Cinéaste virtuose, conteur d’histoires décomplexé, ce dernier excelle dans l’étude de mœurs et la construction de personnages aux sexualités complexes. Kaboom, comédie pétillante hors-normes, avait fait grand bruit à Cannes. White Bird, son nouveau long, sera une nouvelle fois monté sur des fonds indépendants mais bénéficie d’un casting légèrement plus vendeur. Une distribution intéressante qui n’offrira pourtant au film qu’un réseau limité de salles lors de sa sortie américaine. Reçu tièdement outre-atlantique, White Bird se profile pourtant comme un métrage puissant, furieusement personnel et original.

 

 

Araki n’est pas homme à se soucier des codes. Artisan du sensitif, de l’anticonformisme et de la déconstruction narrative, ce dernier n’hésite jamais à pousser son art dans les délires les plus surréalistes. En comparaison du délirant Kaboom, White Bird resterait pourtant « presque » accessible. Les obsessions d’Araki y restent certes imprimées au fer-rouge, le sexe occupant comme d’ordinaire une place prépondérante dans le propos. Adolescents libidineux, doux pédophile, gay décomplexé ou encore quarantenaire acariâtre à la frigidité presque torride, la galerie de personnages brossée par le réalisateur se montre extrêmement savoureuse et ouvre presque le champ de tous les possibles en matière de sexualité. A l’instar de ces précédents travaux, White Bird se déroule partiellement comme un récit initiatique. Celui de Kat, adolescente rock’n’roll en quête d’expériences, de sensations, de « vibrations » propres aux découvertes du corps et de l’esprit. S’il travaille son potentiel dramatique avec une intensité rarissime et frissonnante – les personnages sont extrêmement attachants –, Araki ne s’affranchit à aucun moment d’une œuvre uniquement contemplative, arty ou pseudo-intello. Les protagonistes, aussi passionnants soient-ils, sont ici disposés pour servir une histoire à la noirceur résolument opposée au formalisme coloré dont s’affranchit le cinéaste. Car White Bird mixe en effet astucieusement son étude de l’adolescence à un fond calqué sur les modèles du thriller pur et dur.

 

 

Au-delà de l’étude sans tabous de l’adolescence, Araki habille son métrage d’une intrigue bien ficelée, certes pour le coup très classique mais assurément efficace. Fille unique d’un couple américain qui semble de l’extérieur incarner la parfaite représentation de l’american way of life, Kat est confrontée à la disparition soudaine de sa mère. A peine affectée par cette absence, la jeune fille se fait rapidement à l’idée d’un probable abandon. La maturité et l’expérience vont progressivement la confronter aux failles de sa famille et l’amener à prendre conscience de l’étrangeté ainsi que des faiblesses de certains proches qui semblent en savoir plus qu’ils ne veulent le faire croire. Dans sa construction du suspense, Araki ne cherche à aucun moment le sensationnalisme ou le rebondissement facile. White Bird s’avère même en conclusion plutôt prévisible, mais tient malgré tout en haleine en dévoilant ses éléments policiers habilement. Si les « révélations » restent souvent attendues, ces dernières permettent au cinéaste de creuser progressivement ses personnages, d’injecter de l’épaisseur et du mystère dans sa galerie de gentils et savoureux déviants. L'ensemble ne souffre à ce titre d'aucune baisse de régime, la beauté des images étant mise au service d'un climax travaillé et accrocheur. Excellent.

 

 

Habillé d’une narration fluide et exemplaire, White Bird se profile par ailleurs comme une œuvre artistiquement impeccable. Gregg Araki joue ici parfaitement des contrastes, imprime une esthétique furieusement seventies à ses images mais évite soigneusement tout kitsch gênant. Son travail se veut résolument pop-art, sexy et coloré. Un véritable bonheur visuel. Même son de cloche côté casting, le film profitant d’une petite brochette de stars confirmées qui n’hésitent jamais à se mettre en danger. C’est notamment le cas de la surprenante Shailene Woodley – l’héroïne de la franchise adolescente Divergente –, littéralement à nu, qui s’affranchit d’une prestation sensuelle, subtile, remarquablement juste. Chapeau bas.

 

 

White Bird est une œuvre de cinéma remarquablement tenue. Pétillant, simple, parfois sombre et souvent drôle, le film entraine son spectateur dans un véritable grand huit des émotions. Carton plein pour Gregg Araki, qui revient au plus fort après un Kaboom étrangement structuré et de ce fait incompris par une partie du public.

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