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Critique White House Down

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Entendons-nous bien : nous n’avons rien contre une bonne resucée de la vieille formule Die Hard. Dans un bateau, dans un train, dans un avion, dans un stade de hockey ou même ici, dans la vénérable Ouaïte Haousse ov Ze younaitède Stètes Ov Ameurika. Il y a eu de très bonnes pépites de ce genre là, Piège en Haute Mer avec Steven Seagal étant clairement la meilleure référence. Certaines autres ont même été de solides divertissements sans prétention.  Mais là, avec ce White House Down, faut pas pousser. 

 

 

Roland Emmerich n'est pas spécialement réputé pour sa finesse ni par une filmographie follement jouasse, c'est un fait. Pourtant, avec un pitch aussi simple et un cahier de charge ultra balisé, tous les espoirs étaient permis. Nous pouvions légitimement espérer un grand retour de l'allemand à sa période faste, celle de Universal Soldier, Stargate ou même au passionnément débilos Independance Day. Des films sans prétention autre que celle de divertir, mais qui bénéficiaient d'un savoir faire certain et n'étaient pas avares en action burinée et efficace. Force est de constater qu’on avait tort. Pour info, le film ne reprend pas seulement la formule de Die Hard mais aussi toutes ses grandes lignes : le héros un peu looser sur les bords, en instance de divorce et jamais présent pour sa fille, est coincé dans un édifice infesté de méchants terroristes qu'il dézinguera de diverses façons au fil de l'action. Le type est même en marcel blanc. Ajoutez-y de méchants preneurs d’otages dont un Nerd en informatique, un crash de Limousine et vous y êtes. Avec tous ces éléments en main, on se demande vraiment comment on peut foirer son coup aussi connement, surtout avec un budget de 150 millions de dollars.       

 

   
 

Premièrement, n'est pas John McClane qui veut. L'élément central d'un bon film d'action, surtout comme celui-là est un bon héros. Bourrin ou Dandy, c'est au choix. Channing Tatum n'est ni l'un ni l'autre. Passons sur son miscast gigantesque qui peut aisément s'expliquer par sa bankability soudaine, mais ne nous voilons pas la face : il est nul à chier dans le rôle principal. Pas badass pour deux sous, même tous muscles saillants et deux machine-guns aux poings, il se contente de traverser le film avec cet air abruti période Step Up en tirant dans le tas. Impossible de ressentir la moindre sympathie pour le gars même en sachant que sa fille est parmi les otages. De plus, il n'est pas aidé par un scénario aussi rachitique que crétin qui lui fait traverser explosion après explosion, interrompues ici et là par une fusillade mal filmée. Pas de baston à mains nues, aucun corps à corps, ou peu avec l'ennemi, aucune démonstration d'un savoir faire quelconque en terme de tactiques de combat, ses seuls faits d'armes sont juste mentionnés à la va vite en deux trois répliques. On ne demande pas un Steven Seagal,  mais un choix plus couillu pour ce rôle aurait été le bienvenu, au moins pour donner plus de crédibilité à un film qui n'y aspire visiblement pas. Même Jeff Speakman a plus de charisme, c’est dire.  Deuxièmement, n'est pas John McTiernan qui veut. Roland Emmercih n'a pas toujours été ce tâcheron que l'on connait, Universal Soldier témoignait d'une grande maîtrise de l'action bourrine et décérébrée qui avait fait les beaux jours de la carrière de Lundgren et Van Damme. Pas de ça ici. Le réalisateur n'en a strictement rien à battre de ses personnages ou de ce qui leur arrive. Son seul désir étant de filmer le dynamitage en règle des différentes portions de la maison blanche, des hélicos qui se crachent - y'en a bien 3, gros budget -, des poursuites en voiture qui se terminent dans la piscine, des tirs de char, d’Air Force One en feu et on en passe. A ce sujet, les effets spéciaux sont forcément impressionnants, mais ne parviennent pas à enlever cette impression de vacuité qui pèse sur White House Down. Le pire, c'est la paresse inouïe de Emmerich qui ne se mouille pas du tout et se complaît dans la médiocrité. Son manque de style et une absence totale des notions élémentaires de mise en scène empêchent White House Down d'atteindre les sommets : on perd ainsi 45 bonne minutes à se mettre dans le bain, non pas en faisant monter la tension crescendo ni même en déroulant les enjeux, mais en brossant grossièrement une palette de personnages débiles à souhait : de la fille totalement fana du président US qui se réveille à 5 heures du mat juste pour écouter son speech ou voir son hélico voler en rase-motte - parce que c'est écrit dessus que c'est celui du président -,  des membres du cabinet du président qui le regardent avec des yeux pleins d'admiration et des sourires béats comme s'il était Michael Jackson, sans oublier les relations tendues au sein de la famille Tatum - Il a oublié d'assister au show de fin d'année de sa fille, ow noo! -. Pour ce qui est des terroristes, ils sont juste sur place. Pas besoin de soigner leur entrée, ne vous dérangez pas pour eux.       

 

 

Mais alors, que reste-t-il dans White House Down ? Rien ou presque. Encore un président de plus pour Emmerich en la personne de Jamie Foxx, dans une performance obamesque qui frise le ridicule. Ce président est tellement cool qu'il fait un saut dans la salle de visites de la maison blanche, serre des mains, papote avec les présents et fait même une dédicace pour le blog de la fille de Tatum. Waw ! En plus, il prévoit le rapatriement de tous les soldats au moyen orient pour concentrer tous les efforts sur la famine dans le monde... moué... de la science-fiction quoi. Jamie Foxx est sympa dans le film, mais c'est juste parce que c'est Jamie Foxx, rien à voir avec le rôle en lui même. Sinon, signalons la performance du toujours impeccable James Woods dans le rôle de l'antagoniste. Un peu moins over the top que d'habitude certes, mais c'est toujours jouissif de le revoir cabotiner dans un rôle de méchant, quelque part entre Francis Hummel de The Rock et Howard Payne de Speed

 


 


En conclusion, c'est officiel : Roland Emmerich est définitivement fini. Non content d'avoir foutu en l'air un projet qui avait un potentiel monstrueux et un budget de même, cette plaie n'hésite pas à s'auto-citer deux fois dans son navet avec des références à Independance Day et à The Patriot – tu l’as vu mon drapeau américain, tu l’as vu ? –. White House Down cristallise à merveille l’incapacité latente de l’industrie hollywoodienne à créer des films d’actions décents depuis la mort des 90’s, même avec des budgets colossaux.   

 

Auteur : ATEF

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