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Critique Whiteout

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Thriller prometteur et adapté d’une bande-dessinée méconnue, Whiteout présentait quelques ambitions plutôt aguicheuses. Si le long-métrage ne semblait pas emprunt à détrôner les références du genre - dont l’indispensable Seven, posé sur bandes par le surdoué David Fincher - du fait de la présence de Dominic Sena - le ridicule et calibré 60 Secondes Chrono, Opération Espadon - derrière la caméra, la délocalisation de l’intrigue sur le pôle nord pouvait laisser espérer une bonne surprise. Artiste médiocre mais néanmoins Honnête yes-man à la solde des gros studios hollywoodien, le réalisateur livre une nouvelle fois et sans surprises un pur film de commande, malgré les spécificités intéressantes d’un script ici relativement mal exploité. Retour sur un essai manqué.

 

 

Whiteout est cependant loin de s’apparenter à un fiasco intégral, et se pare de quelques qualités non négligeables. Le pitch de base pose ainsi dès l’ouverture les premières pierres d’une intrigue alléchante propice à un suspens d’envergure. Doté d’une enveloppe budgétaire relativement confortable, le long-métrage se permet de démarrer sous les meilleures auspices avec un crash aérien aux raisons obscures. Le cadre se montre par ailleurs tout aussi adapté à un développement passionnant, tant l’enfer blanc avait su conférer au chef d’œuvre The Thing une ambiance unique, les protagonistes de Whiteout étant tout aussi condamnés à minimiser les dangereuses escapades extérieures. Pourtant, Sena n’utilise pas à bon escient l’univers du film pour embarquer son spectateur dans un ride claustrophobe pourtant facilité par l’isolement de ses protagonistes. Si le thème de la nuit polaire et prolongée avait su conférer à 30 jours de nuit un cachet unique, le cinéaste se contentera de l’évoquer sans réellement lui trouver d’utilité dans son développement. Regrettable, mais ce décor unique permet au moins à Dominic Sena de témoigner d’un certain talent pour la bonne tenue esthétique de sa dernière production, ce dernier disposant d’un savoir-faire évident à peine écorné par quelques séquences douteuses mais malheureusement horripilantes. Visiblement désireux de retranscrire à l’écran le danger pensant sur ses protagonistes lors des apparitions d’un mystérieux individu masqué, Sena use à outrance d’une Shakycam montée sur ressorts et loupe complètement son objectif premier. Illisibles au possible, les nauséeuses séquences de poursuites se montrent brouillonnes et incapables d’instaurer une quelconque tension. L’apparition de ce semblant de boogeyman et le virage amorcé du côté slasher  après un premier tiers convenu mais intriguant aurait pourtant pu rétablir un suspens mis à mal par un premier twist trop rapidement expédié.

 

 

Malgré une mise en bouche intéressante dopée par les qualités purement techniques de l’œuvre, le scénario fait en effet preuve d’une étonnante impatience à apporter des éléments de réponses. Véritable point névralgique du récit, le crash se voit élucidé en trente minutes montre en main, et laisse sombrer le métrage dans un rationalisme décevant. Les intentions des individus à l’origine des meurtres font preuve dans manque d’imagination sans appel, les quelques rares questionnements savamment instaurés lors de la mise en place de l’histoire trouvant des réponses ultra-convenues en une unique séquence. Délesté de son penchant thriller, Whiteout verse dès lors dans un actioner peu enclin à s’engager dans un registre véritablement précis. Si le côté sanglant semblait pouvoir se greffer au métrage suite à la découverte d’un premier cadavre étrangement disloqué, Sena présente une trop grande timidité à s’engager vers un gore légèrement plus marqué. Dommage, tant l’effet horrifique de Whiteout aurait gagné à s’insérer de manière plus poussée dans le cadre immaculé du décor, mais peu surprenant au vu des intentions grand public du métrage. Ce dernier privilégiera un développement ronflant à peine marqué de quelques pointes de nervosité et bouclé par un cliffhanger inintéressant.

 

 

Bien que le réalisateur n’épargne pas ses personnages, celui-ci réservant des coups durs plutôt étonnants à son premier rôle féminin, le portrait des protagonistes se montre par ailleurs trop rapidement esquissé. Alors que l’enfer-blanc aurait pu être le théâtre d’une étude psychologique passionnante, le script de Whiteout ne se risque jamais à explorer pleinement les failles d’une héroïne que l’on nous présente pourtant au bord de l’implosion. Tout juste assistera-t-on à quelques remises en questions trop rares et anecdotiques pour amener une certaine intensité dramatique au film. Le comparse masculin de Kate Beckinsale restera pour sa part invisible et relativement inutile au récit, bien que l’apparition de ce dernier n’apporte cependant un semblant de doute quant à l’identité de malfaiteurs par la suite identifiés avant-même le dénouement officiel. Tout au juste pourra-t-on compter sur la qualité du casting pour ranger Whiteout dans une catégorie des « divertissements honnêtes », Kate Beckinsale composant un personnage sans réel éclat mais cachetonnant ici avec un talent certain. Si l’actrice avait su se démarquer dans un Vacancy - Motel - brillement mis en scène par Nimrod Antal, sa présence à l’écran ne suffit jamais à détacher Whiteout de l’aspect lisse et déjà-vu dans lequel il s’engage passé sa bonne mise en place de l’histoire. Bien que globalement agréable, relativement rythmé et joué avec une certaine justesse, la bobine de Sena manque tout simplement d’âme et surtout d’audace pour véritablement passionner.

 

 

Si le véritable professionnalisme dont témoigne Whiteout reste appréciable, le film souffre d’un muselage malheureusement souvent inhérent aux œuvres supervisées par les géants de l’industrie cinématographique. Dénué de véritable originalité, Whiteout ne s’engage à aucune occasion hors des sentiers battus. Un choix regrettable au vu du cadre exceptionnel au sein duquel les protagonistes se voyaient plongés, condamnant le dernier film de Dominic Sena a rejoindre le bac des thrillers bas de gamme aussitôt vus aussitôt oubliés.

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Combien font : 63+16

Votre réponse :

Tonton 04-03-2011
Film qui présente des atouts intéressants - acteurs, décor- mais qui sombre dans le n'importe quoi et le déjà vu surtout ! Vite vu, vite oublié !

 

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