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Critique Wolf Creek 2

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Plus personne n’osait y croire. Evoquée dans la foulée du succès-surprise du premier opus, Wolf Creek 2 aura nécessité près de neuf longues années de gestation. La faute au four monumental de Rogue – Solitaire, film de croco-géant mi-figue mi-raison qui n’encouragera pas d’éventuels producteurs à investir sur Greg McLean. Un temps érigé au statut de « next big thing » du cinéma horrifique – au même titre qu’un Aja –, le réalisateur n’aura en effet jamais véritablement confirmé les espoirs placés en lui. Retour à la case départ pour Wolf Creek 2. Monté en grande partie sur des multi-financements indépendants australiens, cette première séquelle se recentre logiquement autour du redneck Mike Taylor. L’occasion pour McLean de livrer un métrage nettement plus corsé que son prédécesseur.

 

 

Wolf Creek avait fait sa renommée en remodelant les grandes lignes de Massacre à la Tronçonneuse. McLean « renouvelle » ici plus ou moins sa base, mais garde une ligne de conduite similaire. Le scénario reste à ce titre plutôt maigre, voire déjà-vu, mais contourne néanmoins le problème du vulgaire copycat en exploitant les idées différemment et en proposant un déroulé légèrement moins conventionnel que sur le premier opus. Wolf Creek 2 semble dans un premier temps se reposer sur un nouveau couple de jeunes campeurs mis à mal par un Mike Taylor qui hante toujours l’outback australien, no man’s land où toutes les dérives semblent passer inaperçues. Le métrage prend pourtant rapidement un autre chemin, McLean ne dévoilant son second « véritable » protagoniste qu’à la suite d’un long prélude tendu à souhait. Wolf Creek 2 mue progressivement vers un « affrontement » qui explose littéralement tous les poncifs du genre. McLean capture en effet un survival qui s’impose presque en anti-thèse de son prédécesseur, tant ce dernier s’efforce de jouer de la luminosité pour en renforcer l’aspect hardcore. Filmé quasi-intégralement à ciel-ouvert, le long calvaire du personnage central assèche, étourdi, brutalise. L’aridité des images offre une puissance inédite aux séquences chocs, véritables montées de violence furibondes qui émaillent le métrage à intervalles réguliers.

 

 

A l’instar du premier volet, Wolf Creek 2 installe un climax nerveux et bien calibré. McLean n’hésite d’ailleurs jamais à lorgner vers des pistes inédites qui contribuent assurément à imposer une rythmique soutenue. Ce dernier capture nottament deux-trois séquences de poursuites mécaniques jouissives, furieuses, presque inévitablement Mad Maxiennes. Le final conserve le même niveau d’intensité, Wolf Creek 2 s’offrant une plongée en apnée dans l’esprit et les névroses de Taylor le temps d’une insoutenable visite de ses appartements personnels, tous justes entraperçus sur la conclusion du premier volet. Etonnamment et malgré tout le sérieux de son entreprise, Greg McLean semble s’amuser à greffer de ci et là de grosses touches d’humour bad-ass. Des choix qui, bien que souvent osés, laissent le métrage sombrer dans une surenchère parfois gratuite et inutile. Wolf Creek 2 est gore, très gore. Si la violence fait mal, elle s’avère à quelques occasions complètement improbable. Qu’il s’agisse des têtes qui explosent trop facilement ou des corps démembrés jusque dans leur plus stricte intimité, McLean pousse le bouchon un peu loin. Le métrage témoigne par ailleurs de rebondissements improbables qui se multiplient dans le sprint final. Si l’hécatombe de kangourous offrira une respiration salvatrice au métrage, l’aspect « borne GPS » dont témoigne un Mick Taylor capable de retrouver sa proie à des kilomètres à la ronde nuit incontestablement à la qualité de l’ensemble.

 

 

Seul « rescapé » du métrage originel, John Jarratt profite du coup de projecteur porté sur son personnage pour brosser un psychopathe complètement azimuté et radicalement éloigné des standards habituels. Stetson vissé sur le crane, celui-ci livre une prestation de haute volée, usant de son accent à couper au couteau et de ses petits rires sadiques comme marques de fabrique. Ryan Corr, chargé d’incarner un jeune homme lambda, peine logiquement à tenir la comparaison, d’autant plus que le personnage reste volontairement accessoire, presque transparent. Qu’importe. Wolf Creek 2 tourne majoritairement autour de son taré de service, et respecte à ce niveau son cahier des charges, tout comme une certaine forme de continuité artistique avec le précédent film. McLean capture ses images sans frénésie, usant à juste titre de nombreux plans larges afin d’imprimer sur la bobine l’immensité du désert australien. Du très bon travail de réalisation, qui n’abandonne jamais en lisibilité ce que les images gagnent en explosivité – les poursuites, impeccables – et s’avère de plus judicieusement baigné dans un clair-obscur envoutant lors des séquences nocturnes. Chapeau bas.

 

 

Wolf Creek 2 est une excellente séquelle. Greg McLean trébuche certes occasionnellement en se montrant trop généreux dans les débordements, mais parvient à répliquer habilement le côté hardcore et buriné de son œuvre phare. La place donnée à Mick Taylor contribue en ce sens à faire de ce nouvel opus un métrage parfaitement complémentaire au premier film, et probablement mieux adapté aux visionnages successifs.

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