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Une Nuit en Enfer - Saison 2 (série)

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Près de vingt ans après sa sortie, Une Nuit en Enfer reste un chef d’œuvre de série B. Un métrage irrévérencieux, généreux, furieusement décalé. Les séquelles qui en découleront n'en répliqueront jamais le charme, et prolongeront artificiellement la franchise sans passion. Le réalisateur Robert Rodriguez poursuivra pour sa part sa carrière entre produits grand public – les ridicules Spy Kids – et bobines délicieusement bis et décérébrées  – Machete, Sin City –. Lorsque le mexicain lance sa propre chaine de télévision, ce dernier retravaille le concept From Dusk Till Dawn sous la forme d’une série de dix épisodes. La première saison peinera pourtant à trouver son public, et malgré quelques belles guest-stars. Un accueil mitigé qui n’empêchera pas la série d’être renouvelée quelques mois plus tard.

 

 

Rodriguez aura engrangé un bon paquet de billets verts en proposant un recyclage pur et simple de son métrage phare l’année passée. Si la saison 1 d’Une Nuit en Enfer lui aura offert l’occasion de développer bon nombre d’éléments rapidement brossés sur le film – les origines des vampires, la hiérarchie au sein du culte ou encore les rapports entre les personnages –, le délaiement du scénario originel sur près de huit heures amenait malheureusement son lot de longueurs et de rebondissements faiblards. La programme pataugeait de ce fait pendant six ou sept épisodes avant de véritablement sombrer dans le fun décomplexé, gore et puissamment rock’n’roll. Et ce à condition de se coltiner de multiples séquences bien connues – le braquage de l’épicerie, ou comment étirer cinq minutes sur un épisode entier – en formats long-shot. L’annonce d’une seconde saison avait à ce titre de quoi réjouir les fins connaisseurs du métrage initial, Rodriguez proposant enfin une « véritable » suite aux mésaventures de Seth Gecko, Kate Fuller ainsi que… Richard Gecko, Santanico Pandemonium et Scott Fuller, ici plus ou moins rescapés du massacre perpétré au Titty Twister. Alors que Seth et Kate se font oublier au Mexique, les « vampires » – des hommes-serpentes surnommés Culebras – se réorganisent en différents clans. Santanico et Richard entreprennent de leur côté de faire tomber l’empire de sang dirigé par les grands maitres de la nuit.

 

 

Une Nuit en Enfer fait donc enfin table rase du passé. Place au neuf, à l’inédit. Du moins en surface. Si Rodriguez et ses scénaristes se risquent à une prolongation des événements du métrage culte, ces derniers ne parviennent à aucun moment à faire oublier les scories de la première saison. Ces dix nouveaux épisodes restent une nouvelle fois particulièrement perfectibles en ce qui concerne les ambiances et les cliffhangers. La séparation temporaire des personnages – Seth d’un côté, Richard de l’autre – n’amene par ailleurs rien de foncièrement intéressant à une série qui multiplie le bla-bla inutile jusqu’à l’overdose au détriment de l’action qui tache dur. Pire, le scénario se montre souvent extrêmement brouillon, les objectifs de certains personnages demeurant flous voire incompréhensibles. L’intrigue tourne de ce fait en rond au rythme d’alliances qui se font et se défont sans réelle cohérence. Rodriguez donne souvent l’impression de ne pas savoir sur quel pied danser, ni même comment employer certains protagonistes devenus foncièrement inutiles – Kate et Scott – à l’intrigue générale. Ce dernier se risque certes à leur consacrer des sous-histoires, développements scénaristiques qui s'avèrent souvent lourds et rapidement brossés. Reste une ambiance assez correcte, deux-trois personnages méchamment bad-ass et véritablement réjouissants – le mercenaire interprété par Danny Trejo, la sublime Santanico – et un usage de gros rouge qui fait plaisir à voir sur un programme télévisuel. L’épisode de conclusion, bien que bancal, se profile à ce titre comme la quintessence de ce qui aurait du donner corps à la saison dans son intégralité : du gore délirant, une bande-son épileptique et un petit côté sexy vraiment plaisant. Dommage que ce juste équilibre ne soit une nouvelle fois trouvé qu’à l’occasion du run final.

 

 

Côté casting, tout le monde rempile. Même les morts. Rodriguez dévoile par ailleurs un atout costaud en intégrant l’inévitable Danny Trejo dans la distribution. Les aficionados apprécieront – le moustachu à la gueule burinée était le seul acteur récurrent de la trilogie cinéma –, les autres aussi. Si Zane Holtz, sans tenir la comparaison avec le précédent détenteur du rôle, Quentin Tarantino, reste à l’aise dans ses pompes, le traitement du personnage de Richard Gecko aura cependant de quoi faire sauter les fidèles au plafond. Rodriguez fait de son psychopathe intenable et névrosé un play-boy qui, non content d’avoir trouvé son indépendance, trombine à l’aise la créature la plus convoitée de tout le Mexique. Mouais. Côté réal’, Une Nuit en Enfer : la série se profile toujours comme un programme d’extrêmement bonne facture. Bourrée d’effets maison et exfoliée d’effets numériques, cette saison 2 bénéficie de l’expertise de nombreux vieux briscards de l’horreur derrière la caméra. Rodriguez himself bien évidemment, mais également Eduardo Sánchez – Le Projet Blair Witch – ou Dwight H. Little – Halloween 4 –.

 

 

Une Nuit en Enfer revient sans véritablement explorer son potentiel sous-jacent. Cette saison 2 déroule malgré tout un petit chapelet de beaux moments peinturlurés rouge sang, et profite une nouvelle fois de la présence charismatique et presque hypnotique de l’actrice Eiza González – Santanico Pandemonium –. Espérons que Robert Rodriguez saura définitivement faire exploser le programme dans le bis grindhouse et bourrin à l’occasion des dix prochains épisodes, conjointement commandés par El Rey et Netflix pour 2016.

 

Auteur : BEN

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