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Interview Survivant(s)

Fiche     Critique    Interview

Pour cette première interview et à l’occasion de la sortie de SURVIVANT(S) en DVD, c’est avec joie que nous accueillons Vincent Lecrocq, jeune cinéaste français et réalisateur entre autres de THEY WERE IN NORMANDY. Il y aura du sérieux, du moins sérieux, mais de la passion avant tout. Bonne lecture !

Salut Vincent, avant de rentrer dans les détails, peux-tu te présenter et retracer ton parcours pour nos lecteurs qui ne te connaissent pas encore. 

Salut tout le monde ! En fait, j'ai un parcours finalement assez classique... Je suis un cinéphile depuis très longtemps et j'ai commencé assez jeune à réaliser des petites vidéos. Un beau jour j'ai décidé d'en faire mon métier au grand désespoir de mes parents... J'ai fait des études de cinéma et j'ai persévéré tant bien que mal ensuite. J'ai réalisé pas mal de courts-métrages, des clips, et quelques films institutionnels.

Lorsque l’on regarde un peu ton parcours, entre DRINK DRINK, LA DICTEE A DARU, THEY WERE IN NORMANDY et aujourd’hui SURVIVANT(S), on se rend compte que tu abordes un panel de styles assez large. As-tu un genre qui t’attire plus qu’un autre ?

Oui c'est vrai que j'ai un peu touché à pas mal de choses... DRINK DRINK est une parodie de film d'action et de thriller, LA DICTEE A DARU est un film purement historique, THEY WERE IN NORMANDY est un drame guerrier et SURVIVANT(S) est ce que j'aime définir comme un "survival d'anticipation". Le principal pour moi a toujours été de faire les images qui me plaisaient et de raconter des histoires qui m'intéressaient avec des personnages qui me passionnaient. Mais je suis quand même plus attiré par le cinéma de genre et le cinéma de divertissement. J'aime le genre depuis toujours, ou du moins aussi loin que je me souvienne. J'adore divertir bêtement comme avec DRINK DRINK, un film totalement débile. Mais j'aime aussi des fois dire des choses un peu plus posées comme avec THEY WERE IN NORMANDY où je parle d'amitié, de sacrifice, de courage et de peur. Quant à SURVIVANT(S) c'est à la fois un divertissement plein d'action et de violence, mais aussi une satire de la télévision actuelle. 

Outre les différentes publicités, films institutionnels, clips vidéo et autres, THEY WERE IN NORMANDY peut s’apparenter à ton premier court métrage « professionnel » et a connu un certain succès auprès du public. Qu’est ce que cela t’a apporté ?

D'une certaine manière, c'était le film qui m'a permis de m'émanciper de mes études de cinéma, puisque DRINK DRINK et LA DICTEE A DARU, je les avais réalisé dans le cadre de l'école. Donc on peut dire que c'est mon premier film "pro". C'était le film de tous les défis, et le faire n'a pas été facile, mais ça m'a donné beaucoup de bonheur et ça m'a énormément appris. THEY WERE IN NORMANDY m'a apporté une certaine renommée, un semblant de reconnaissance. Aujourd'hui, les images du film restent à mon avis ce que j'ai fait de mieux en terme d'esthétique, c'est un film qui me tient vraiment à cœur, car c'était un défi difficile à relever. TWIN (c'est comme ça que mes potes et moi appelons THEY WERE IN NORMANDY) m'a aussi permis de rencontrer la personne qui m'a proposé de faire SURVIVANT(S)...

A l’origine, SURVIVANT(S) devait faire partie d’un projet de série qui a malheureusement dû être avorté, Quel était ce projet et pourquoi a-t-il été arrêté ?

Tout à fait ! Deux mecs se sont présentés à moi, un "producteur" et son "associé" (j'insiste sur les guillemets) après avoir vu la bande-annonce de TWIN, ils avaient été étonné par les images et ont souhaité en savoir plus. Finalement, ils m'ont expliqué qu'ils lançaient un projet de mini-série en me proposant de réaliser un épisode. Il s'agissait de faire une saison de 6 épisodes de 26 minutes, chacun des épisodes étaient réalisé par un réalisateur différent et tous les épisodes avaient comme sujet commun "le zombie dans la société". Le titre était TERROR PROJECT 6.  Ça m'a tout de suite branché, mais le scénario qu'ils m'ont proposé ne m'a pas plu. C'était une histoire trop politique filmée à la façon d'un faux documentaire. On y suivait une équipe de télévision qui faisait un reportage sur la campagne présidentielle de 2012 et on découvrait que des gens dans l'entourage du candidat d'extrême droite faisaient des expérimentations sur les morts etc... Mais finalement, c'est ce qui m'a donné l'idée non pas de raconter ça, mais de raconter la suite. Ce candidat était élu, le gouvernement changeait et un jeu de télé-réalité opposant des condamnés à mort et des mutants était diffusé sur une web TV.  Peu de temps avant le tournage, le "producteur" a disparu pendant près d'un mois, aucune trace de lui, impossible de le joindre, silence complet... Ça m'a déjà fait un peu peur. Mais il est finalement rentré, il était à l'étranger et n'avait prévenu personne de son absence, sympa... A cause de sa négligence, j'ai reçu les costumes du film la veille du premier jour de tournage à 17h00, j'ai cru que j'allais mourir de stress. Ce monsieur, qui habite dans le sud de la France, s'est finalement décidé à venir sur le tournage. Il devait m'apporter le budget nécessaire au tournage. Mais il s'est pointé les mains dans les poches, et j'ai avancé la totalité du budget en puisant dans mes économies. Il m'a dit qu'il avait des soucis financiers et qu'il allait me rembourser. Je lui ai donc laissé un moment, mais il n'a jamais remboursé ce qu'il devait. Finalement, j'ai déchiré le contrat qui nous liait alors que je ne lui avais pas encore renvoyé. J'étais producteur, scénariste et réalisateur du film, j'en possédais donc les droits... Ensuite, le même problème s'est passé sur les autres tournages et chaque réalisateur a finit par abandonner ou faire comme moi, à l'instar de Grégory Sacré (réalisateur de SPECIALITE DU CHEF) qui a décidé de se débrouiller lui aussi avec son épisode pour en faire un film à part entière.

Avec l’arrêt de la série, quelles ont été les répercutions sur ton court métrage ?

Et bien, pas si terrible, SURVIVANT(S) connaît une autre vie que celle qu'il aurait connu en tant qu'épisode de TERROR PROJECT 6, mais ce n'est peut-être pas si mal... Donc l'arrêt de la série (qui à mon avis aurait été un peu médiocre, mal distribuée etc...) m'a permis de trouver un distributeur en la personne de Jean-Michel Montanary et c'est ce qui m'amène à répondre à tes questions maintenant au sujet de la sortie du DVD. En d'autres termes, je ne regrette rien et je pense que toute cette agitation et les déboires avec le "producteur" ont finalement été bénéfiques. 

SURVIVANT(S) est clairement une satire des médias et de leurs déviances. Son format court ne permet pas d’approfondir vraiment le sujet, quelle est ta perception des médias aujourd’hui ?

Et bien SURVIVANT(S) et la manière dont j'y explique comment je vois la télé dans quelques années traduit mon dégoût pour la télévision abrutissante de bêtise d'aujourd'hui (je parle de la télé-réalité, des programmes idiots qui se répètent, des émissions où l'on ridiculise les gens et où l'on prend le public pour une masse débile et parfois presque asservie) et ma pitié à l'égard de ceux qui la regarde (oui, c'est un peu méchant...). Je me rappelle d'une époque où il y avait beaucoup de films de cinéma à la télévision. C'est comme ça que j'ai découvert TERMINATOR, ALIEN ou RETOUR VERS LE FUTUR, des films de références pour moi aujourd'hui encore. Et bien qu'aujourd'hui on ne cesse de nous répéter que c'est impossible de produire un film en France sans le soutien des chaînes de télé, j'ai la triste impression que ces mêmes chaînes de télé ne diffuse plus (ou presque plus) de films. On nous balance des séries françaises qui se répètent, avec les mêmes types d'histoires et de personnages, on nous diffuse les séries Américaines dans le désordre et quand un film passe à la télé, c'est un "thriller à papa" ou un mélodrame pour ménagères qui date des années 90 déjà vu et revu... Par contre, pendant 6 mois c'est la mode de la décoration intérieure et tu as d'un seul coup 150 émissions qui parlent de ça, ensuite c'est la mode de la cuisine alors on te fait une ribambelle d'émissions qui se ressemblent toutes sur ce sujet et je te passe les émissions type "Secret Story", "La Ferme" et compagnie. Tout ça sans oublier nos héros télévisuels nationaux... Je veux dire, aux USA ils ont Jack Bauer, nous on a un brocanteur à la retraite... Ils ont des super-héros et des experts, nous on a une magicienne de petite taille qui claque dans ses doigts...

A la vue de SURVIVANT(S), on ne peut s’empêcher de penser à la série des 28 … PLUS TARD, quelles ont été tes influences ?

Je te le donne en mille... J'adore les deux 28, le premier a ce côté "roots", tourné en DV un peu à l'arrache,  qui me plaît beaucoup et le deuxième est une superbe démonstration de mise en scène avec un suspense de malade et des scènes de folie ! Après, j'ai pas mal pensé à un film de ma jeunesse RUNNING MAN avec Arnold Schwarzenegger. Mais bon, j'ai aussi essayé de trouver mes marques, de surprendre un peu en rythmant le film d'une façon un peu chaotique. Et puis je sais que l'on m'attendait plutôt dans les registres horreur et gore et finalement à la vision, le spectateur se rend compte qu'il n'y en a pas tant que ça, sans pour autant être trop frustré.

On remarque également que les comédiens ne sont pas débutants et ont déjà tous tourné au moins dans un film, et pas des moindres. Comment as-tu procédé pour le casting ?

Etapes par étapes... Petit à petit... Dés le départ, il m'a semblé évident que je voulais retravailler avec Salem Kali (Yasser). On avait bossé ensemble sur TWIN et c'est un pur acteur doublé d'un homme généreux, honnête et sincère. C'est par son intermédiaire que j'ai rencontré Alaa Safi qui de par son expérience des arts martiaux (il a été champion du monde de Tae Kwon Do il y a quelques années) est aussi devenu le chorégraphe des combats. Ensuite, à l'époque où c'était encore la série, le "producteur" voulait une guest star dans chaque épisode. Il m'avait parlé de Mylène Jampanoï qui n'avait pas encore fait MARTYRS, et d'Alysson Paradis que j'avais trouvé juste incroyable dans A L'INTERIEUR. J'ai donc appelé Alysson un peu au culot, je lui ai pitché le film et elle a accepté de lire le scénario. Ensuite on s'est rencontré de manière super décontractée à Paris autour d'un café et elle m'a dit qu'elle trouvait le projet cool et que le scénario lui plaisait. C'est aussi grâce à elle que je suis entré en contact avec Héléna Soubeyrand et Sarah-Laure Estragnat. Pour Santi Sudaros, il avait joué dans LES FILS DU VENT réalisé par Julien Séri qui en plus est un pur réalisateur est un bon pote. Vincent Ceus avait déjà joué un petit rôle dans TWIN et j'avais envie d'utiliser son charisme et ses mensurations de boxeur. Pour Mylène Ragon, j'avais trouvé son profil sympa sur son Myspace, j'avais vu sa bande-démo et on s'est rencontré pour parler du projet. Mathilde, la présentatrice est arrivée bien plus tard sur le projet, car j'avais déjà tourné les scènes avec une autre personne, un acteur de TWIN mais ça fonctionnait mal, et même lui en était conscient. J'ai donc décidé de retourner ces scènes et de trouver quelqu'un qui avait une expérience en présentation TV et j'ai rencontré Mathilde par des amis. Comme elle avait présenté des émissions sur FUN TV elle avait ce débit de parole, ce rythme et cette énergie qu'on les présentateurs télé. Et puis le fait que ce soit une jeune femme un peu pétillante ça donnait encore un plus grand décalage entre l'émission en elle-même et ce qu'elle montre...

Et pour les « habitants » ?

Pour les "habitants", on a passé des annonces un peu partout sur le net, sur des sites de casting figuration. Quelques potes, collègues réalisateurs et amis musiciens sont aussi venus jouer aux figurants. Sans oublier un jeune gars, Edwin, qui faisait du "parkour" et pour qui j'ai ajouté sur le tournage la cascade où il saute comme un animal de la passerelle (ce qui n'était pas dans le scénario). Ils ont tous été géniaux, ils ont attendu parfois longtemps sans rien dire, ont supporté le froid et la poussière, ont apporté leurs propres repas... Sans les figurants, pas d' "habitants", et sans les "habitants", pas de film...

Tout comme dans THEY WERE IN NORMANDY, tu utilises la shakycam. Si dans SURVIVANT(S) elle apporte un réalisme impressionnant, cette technique a tendance à donner des nausées lorsqu’elle est mal maîtrisée. Es-tu partisan de ce procédé ?

C'est un procédé que j'aime beaucoup, mais il faut savoir l'utiliser intelligemment... Quand on tourne avec des budgets réduits, c'est pratique car la caméra épaule demande peu de mise en place, donc c'est plus simple et on gagne un temps précieux. Mais il faut aussi que ça ait un minimum de sens. Dans TWIN j'ai utilisé la caméra à l'épaule dans la scène de guerre et les scènes de tension, mais le reste du film est plus posé, avec des lents travellings, des plans plus longs et des mouvements plus lents.  Pour SURVIVANT(S), ça renforçait l'idée de réalisme qui collait au jeu télé et ça appuyait ma volonté d'embarquer le spectateur au cœur du jeu. Pour que le spectateur soit un peu comme un candidat, qu'il suive l'aventure comme si il la vivait. C'est d'ailleurs aussi pour ça que dans SURVIVANT(S) je ne donne jamais d'informations en avance aux spectateurs par rapport aux personnages dans le film.

Quelles ont été les difficultés pour monter le projet ?

En dehors des problèmes de production dont j'ai déjà parlé, le film a accumulé un grand nombre de petits ennuis inhérents aux court-métrages, particulièrement auto-produits et avec des budgets restreints. Mais en les prenant un à un, on finit par y arriver. La post-production a été très longue car j'ai vraiment essayé de faire le meilleur film possible. Mais finalement, j'ai eu pas mal de chance (le casting, l'équipe, l'arrivée de Oh My Gore ! sur le projet, etc...).

Comment s’est passé le tournage ?

On a tourné en hiver, donc froidement ! Ça a été dur, intense et un peu sauvage. Mais toute l'équipe a montré une volonté et un entrain énorme. Les acteurs ont tenu bon malgré l'attente dans le froid et la difficulté de répéter plusieurs fois les scènes d'action pour multiplier les axes de caméra. Au final on a tous appris des choses, on a su travailler dans la bonne humeur tout en restant sérieux et bien que difficile, l'expérience n'en a été que plus enrichissante.

Une anecdote ou un souvenir de tournage à nous faire partager ?

Je pourrais t'en citer des tonnes, te parler de mon engueulade avec le "producteur", je pourrais te raconter une dispute entre Alysson et moi (qui au final s'est bien terminée), mais ça serait manquer d'originalité. Alors je vais te raconter ça : Le midi on mangeait des sandwichs, mais comme il faisait froid, plusieurs personnes ont demandé des plats chauds, donc on accompagnait le tout de frites que les régisseurs allaient chercher dans un restaurant près du lieu de tournage. Puis finalement, un jour, j'ai voulu faire une surprise à l'équipe. Donc au moment du repas, je suis parti en voiture avec mon chef Opérateur, on est retourné chez moi (à 2 minutes en voiture) et on a rapporté un immense plat de gratin de pâtes brûlant que j'avais demandé à ma mère de préparer, avec plein de fromage et tout. Ça a redonné de la patate à tout le monde pour le reste de la journée.  

Le DVD est maintenant disponible dans le commerce, comment s’est passée ta rencontre avec Jean-Michel Montanary, big boss du site Oh My Gore ! ?

Jean-Michel était venu sur le tournage pour faire un reportage pour son site Oh My Gore !, ensuite il m'a interviewé et on est resté en contact car j'ai commencé à écrire quelques critiques de films pour son site. Quand il a appris les problèmes avec le "producteur", il m'a expliqué qu'il voulait créer une boite de distribution de films. Ça nous est apparu assez rapidement comme une évidence de sortir SURVIVANT(S) en DVD pour qu'il se fasse la main avec sa toute nouvelle boite. Finalement, il a aussi distribué SPECIALITE DU CHEF. Avec son énergie et sa volonté, sa petite affaire commence à tourner. Il a participé à l'élaboration d'une compilation de court-métrages de genre avec la participation de la boite de production Metaluna et de Jean Pierre Putters, le créateur du magazine MadMovies. Il prépare actuellement la sortie de plusieurs DVDs de long-métrages étrangers !!! Tout d’abord I’LL NEVER DIE ALONE, un rape and revenge argentin, ensuite suivront des classiques du ciné d’exploitation US des années 80 comme le deuxième et troisième opus de la série des SLEEPAWAY CAMP ou encore le fameux HARD ROCK ZOMBIES.

Qu’est ce que tu penses du cinéma de genre français aujourd’hui, en tant que réalisateur mais aussi en tant spectateur ?

En tant que cinéaste, je me sens proche des autres réalisateurs qui émergent actuellement dans le sens où on a tous les mêmes envies et les mêmes références. Mais on a tous peur car faire du genre en France c'est difficile, alors on se pose des questions, on hésite, on doute... En tant que spectateur, j'aime certains films, d'autres moins, mais je suis toujours un peu moins exigeant car mon regard de cinéaste m'oblige à avoir conscience des problèmes qu'ils rencontrent.

Et la 3D au cinéma, un avis ?

Ben... La 3D au cinéma ça existe depuis super longtemps et là ça revient à la mode. Alors ça fait le même effet qu'avec les émissions sur la bouffe et la cuisine. Tout le monde veut voir de la 3D d'un seul coup, donc tout le monde tourne en 3D... Quand un mec comme Cameron fait AVATAR c'est génial, car lui il a utilisé la 3D comme un réel outil de mise en scène, pour créer un effet de profondeur de champ jamais vue jusqu'alors. Il a compris que ça pouvait être aussi important de partir vers l'arrière de l'image plutôt que de juste se contenter de faire surgir des flèches de l'écran pour amuser les gamins. Et aussi pour créer l'univers qu'il rêvait de nous montrer depuis des années. Quand Alexandra Aja (que j'adore) fait PIRANHA 3D, je trouve ça cool car c'est fun, c'est ludique, ça va très bien avec son film qui est un pur film d'exploitation fun et jouissif. Mais quand les mecs à Hollywood décident de convertir LE CHOC DES TITANS 1 mois avant sa sortie, alors que le film n'a pas été confectionné pour ça et que ça ne sert pas le propos, je trouve ça bête. D'ailleurs, je suis bien content que Michael Bay (mon réalisateur culte, je l'adore, je suis fan à fond) essaye d'éviter que TRANSFORMERS 3 ne soit pas en 3D, car ça ne colle pas du tout à sa façon de filmer.

Des films coup de cœur ces derniers temps que tu conseillerais à nos lecteurs ?

Ces derniers temps... Bon attention, ça n'engage que moi, les goûts et les couleurs hein... Et bien j'ai bien rigolé avec PIRANHA 3D, j'ai pris un immense pied avec EXPENDABLES qui m'a replongé dans mon enfance quand je regardais COMMANDO et RAMBO en boucle. Sinon, mercredi dernier, je suis allé voir THE TOWN réalisé par Ben Affleck qui joue aussi le premier rôle. Et j'ai adoré, c'est une grosse surprise car je n'avais pas vu son premier film en tant que réalisateur. THE TOWN est un vrai petit bijou, un pur polar US qui sent le hot dog, le macadam, et les douilles chaudes et paradoxalement le film prend le temps de s'attarder sur les personnages et un tas d'intrigues. Et puis les dernières 20 minutes sont super tendues et assez impressionnantes, ça envoi grave. Bon c'est pas du Michael Mann, ni du Eastwood, mais ça vaut carrément le détour ! Dans le registre plus "film de genre", il y a quelques mois j'ai bien aimé le DTV INFESTATION un film de bêbêtes, une série B qui rend hommage aux films de monstres des années 50. Et pour finir, j'ai eu l'occasion de voir LA MEUTE qui va sortir en salles à la fin du mois, j'ai beaucoup aimé bien que le film soit très imparfait. C'est le premier film de Franck Richard et si ce mec s'accroche et qu'il tombe sur les bons projets il peut carrément faire de très bonnes choses. Il sait ce qu'il veut et a un sens très aiguisé de la mise en image.

Question difficile, si tu devais ne choisir qu’un seul film, tous styles et toutes années confondus ?

CYPRIEN avec... Nan je déconne. Oh là là ! C'est dur ça... On va dire comme ça là, à chaud, THE ISLAND de Michael Bay...

Il me semble que tu es un fervent défenseur de Michael Bay, tu as tenté notamment de te rapprocher du style dans DRINK DRINK, tu aimerais tourner ce genre de films ?

Ah ben quand on parle du loup !!! C'est bien, ça va me permettre de tenter d'expliquer pourquoi j'aime autant Michael Bay et THE ISLAND. Alors d'abord, mon film préféré de Bay, c'est BAD BOYS 2, je suis un énorme fan des TRANSFORMERS (un peu plus le 1) et j'ai bien du voir THE ROCK 50 ou 60 fois !!! Pourquoi Michael Bay et pourquoi THE ISLAND... Premièrement, c'est un film de mon réalisateur préféré. Outre le fait que (pour moi) la mise en scène est géniale et que l'image de ce film est absolument ahurissante de beauté, on y trouve plusieurs genres différents si l'on peut dire. C'est de la SF, mais il y a du fantastique et une bonne grosse dose d'action comme j'aime avec fusillades et poursuites en bagnoles "over too much à la Michel Bay". J'aime le casting ce qui a son importance. Honnêtement ce n'est très certainement pas le meilleur de mes films préférés, mais je dirai que je peux me passer de plein de choses dans un film et en même temps, celui-là contient un quantité et une variété de choses que j'adore.   Finalement, Michael Bay n'est pas le meilleur réalisateur que je connaisse (même si je lui trouve des tonnes de qualité) mais comme je dis toujours pour expliquer aux gens pourquoi je l'aime, c'est parce que ses films dans leur majorité sont parmi ceux qui me procurent le plus de plaisirs instantanés. Est-ce que j'aimerai réaliser ce genre de films ? Ben écoute, si on me donnait 150 millions de dollars pour filmer des poursuites en Ferrari et en Porsche (sachant que dans mes autres passions hors cinéma je suis un fan de sport auto, je regarde la F1, je fais du karting et un tout petit peu de pilotage sur circuit quand je peux). Si j'avais une tonne de budget pour tout faire péter, travailler avec de purs acteurs, et jouir des meilleurs studios d'effets spéciaux du monde. Si mes films rapportaient des milliards, que je vivais à Los Angeles et que je changeais de bagnole tous les 6 mois quitte à risquer d'exploser l'une de mes Ferrari dans un film (comme il l'a fait avec sa propre voiture dans BAD BOYS 2 pour déconner), alors OUI !!!  J'aimerai réaliser ce genre de film.

Que penses-tu de sa boîte de production Platinum Dunes et de ses remakes ?

Et bien, je trouve que c'est un producteur très intelligent, car il remake de bons films, il essaye de donner un coup de jeune à des franchises passées et en fait, ça fait découvrir des trucs aux nouvelles générations qui auront peut-être la curiosité de regarder les originaux ensuite. Mais si je devais faire une critique importante, c'est qu'il n'est pas assez attentif aux remarques de son public (alors qu'il sait être très généreux en tant que réalisateur). Certaines productions se sont avérées décevantes et j'ai remarqué que certains défauts se répètent de film en film... C'est dommage. Toutefois, j'ai trouvé le remake de MASSACRE A LA TRONÇONNEUSE et sa préquelle carrément excellents. J'ai moins aimé VENDREDI 13 et FREDDY a été une déception... Par contre (tu le gardes pour toi, mais publie-le quand même) j'ai beaucoup aimé le remake de HITCHER qui doit être qualifié de pire remake sorti de chez Platinum Dunes, j'ai trouvé ça fun moi. Mais il se pourrait bien qu'il ait finit par comprendre ses erreurs et qu'il écoute encore plus qu'avant son public puisqu'il a décidé de faire TRANSFORMERS 3 en tenant compte des reproches formulés par les gens pour le second épisode. On verra bien si le 3 est meilleur que le 2, mais moi qui suit le tournage jour après jour, je peux te dire que ça risque fort d'envoyer du lourd quand même !

Imaginons que tout est possible, quel serait ton (tes) plus grand rêve en tant que réalisateur ?

Et bien James Cameron (que j'admire et que j'adore pour avoir offert au monde les monuments que sont ALIENS, TERMINATOR 2 et ABYSS) m'a un peu coupé l'herbe sous le pied car l'un de mes fantasmes était d'adapter une BD qui s'appelle AQUABLUE au cinéma (on parle de truc énorme et de rêve hein...). Et voilà où le bas blesse : AQUABLUE, ça raconte l'histoire d'un jeune terrien, Nao, qui est recueillit sur une étrange planète après le crash d'un énorme vaisseau où il habitait avec ses parents. Il vit et grandit donc sur la planète Aquablue, recouverte à 90% par les océans, où la nature a une place primordiale et qui est peuplée d'habitants à la peau bleue qui peuvent respirer sous l'eau. Peu à peu il tombe amoureux d'une indigène, devient respecté par les habitants d'Aquablue etc... Jusqu'au jour où une entreprise décide de venir installer des usines sur Aquablue. Et voilà donc que débarque l'armée qui vient faire le ménage en massacrant les habitants et leurs villages avec des exo-squelettes armés jusqu'aux dents. Nao va alors mener la rébellion contre les hommes alors qu'il en est un. Ça te rappelle rien ???  Donc bon, du coup plan B... TRANSFORMERS 4, BAD BOYS 3 ou pourquoi pas THE ISLAND 2... En gros, tu l'auras compris, j'aime les gros blockbusters d'action et mon rêve ultime ça serait d'en faire un...
Sans me comparer à ces deux mecs bourrés de talent, je rêve d’une carrière à la Alexandre Aja ou à la Louis Leterrier, mais le chemin est très très long et semé d’embûches…

Peux-tu nous parler un peu de ta boîte de production Yellow Spot Films ?

Yellow Spot Films est une petite société que j'ai créée en entreprise individuelle. Ça me permet de produire les clips que je réalise ou d'autres travaux dans ce genre là. C'était aussi une petite astuce qui me permettait de rattacher SURVIVANT(S) à une nouvelle production après les déboires expliqué plus haut.

Quels sont tes projets pour la suite ?

Et bien, j'écris actuellement deux scénarios. Le premier est un survival urbain qui se déroule en une nuit. Un film à tout petit budget pour pourrait être tourné vite et pour pas cher. Ensuite, je suis actuellement en train d'attaquer l'adaptation de SURVIVANT(S) en long-métrage, le court servant, du coup de démo. Mais pour le moment, le truc le plus excitant, c'est que je suis en négociation en ce moment même pour réaliser mon premier long au Canada. Le scénario est génial et le projet est très excitant, c'est un thriller avec pas mal de suspense. Malheureusement, je ne suis pas seul sur le coup... La boite de production qui s'en occupe hésite encore entre plusieurs solutions et plusieurs réalisateurs, je suis l'un d'eux. Les producteurs ont vu et aimé mes bandes-démo. Ils vont bientôt recevoir le DVD de SURVIVANT(S). Ensuite, ben c'est le destin qui décidera pour moi...

Et pour ceux souhaitent peut-être se lancer dans l’aventure, as-tu des conseils à leur donner ?

Il y a quelques années, j'ai posé cette question à plusieurs réalisateurs. Et finalement, c'est l'un d'entre eux qui m'a dit ceci : "Si tu as envie de le faire, fais-le, prends ton matos, constitue ton équipe et fais ton film". J'ai écouté ce conseil et j'ai fait TWIN qui m'a ensuite amené à faire SURVIVANT(S) et je vais essayer de continuer dans le même état d'esprit...

Pour finir, que penses-tu de Strange Movies ? En toute honnêteté bien sur.

Nous jeunes réalisateurs, on a besoin que l'on parle de nous et de nos films. Déjà ça nous motive, ça nous encourage et puis ça permet de toucher plus de public. Donc on a besoin de sites comme Strange Movies.   Après mon avis, c'est que j'aime ce genre de site où je me sens un peu comme chez moi, où l'on parle des films que j'aime, des genres que j'aime, bref des films étranges quoi (lol). Après en tant que réalisateur, je me suis senti super à l'aise pour répondre à cette interview, on peut peut-être dire un peu plus de choses, se lâcher un peu plus que sur un très gros site... Mais mon principal reproche : pas de critiques des films de Michael Bay, hé hé.

Merci Vincent d’avoir répondu à nos questions et toute l’équipe te souhaite bon courage pour la suite ! Un dernier mot peut-être ?

Merci surtout à toi de me les avoir posées et de m'avoir offert la possibilité de m'exprimer, de parler de cinéma  et de défendre SURVIVANT(S). Bon courage aussi à Strange Movies, en espérant pouvoir vous contacter de nouveau, très bientôt, avec des news toutes fraîches d'un de mes prochains projets.

Propos recueillis par TIBO

Vous pouvez trouver son court métrage SURVIVANT(S) sur Oh My Gore! Shop mais aussi dans plusieurs magasins comme la Fnac, Virgin, Gibert Joseph et quelques boutiques parisiennes comme Movies 2000 ou Gotham Vidéo.

Site officiel de Vincent Lecrocq : http://www.vincentlecrocq.com/
Site officiel de SURVIVANT(S) : http://survivants.vincentlecrocq.com/

Auteur : TIBO

 

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